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Viallou's Adventures in Russia
Viallou's Adventures in Russia
Epilogue

Epilogue

Pardon pour ces longs mois d'absence, je crois que finir ce blog signifie la fin de mon voyage en Russie; et ça, je n'en ai pas tellement envie !

Vu que j'ai bien attendu j'ai dû oublier pas mal de choses, donc ça sera assez concis, promis.

Prêts pour un bon gros flashback ?

 

La fin de mon séjour

 

Le Monastère de Raifa et la Datcha

 

Comme elle nous l'avait promis, Valentina nous a emmenés, Antoine et moi, au Monastère de Raifa. Il est encore en fonction ( je ne m'y attendais pas trop en fait). Il est composé de plusieurs églises orthodoxes et d'une source (type Lourdes) d'eau bénite, le tout donnant sur un petit lac à nénuphars et libellules, bref, c'est très, très beau.

En bonne athée que je suis (et idiote), j'y suis allée en short, ce qui n'a pas beaucoup plus puisqu'on m'a demandé de mettre une jupe rouge (faite exprès pour les idiotes) pour cacher mes jambes. Et comme je n'avais pas de châle, on m'a également priée (moyennement poliment) de couvrir ma tête d'un châle fourni par le monastère. Si si. Posé à l'entrée. Probablement porté par des centaines de personnes avant moi. Lavé je ne sais quand. Alors déjà que j'aime moyen de devoir me couvrir, mais bon au minimum un truc hygiénique ça aurait été chouette.

Dans les églises, oubliez ce que vous connaissez des églises catholiques: là-bas, pas de bancs, mais tout est décoré de bois recouvert de feuilles d'or, d'icônes sous verre, de couleurs, de WAOUH ! La pièce est séparée en deux par un espèce de demi-mur de bois peint, devant lequel officient les prêtres.

Les gens faisaient la queue pour s'approcher des icônes; une famille a voulu approcher son enfant pour qu'elle embrasse le saint (me demandez pas lequel) et lui a cogné la tête contre le verre. J'ai réussi à ne pas exploser de rire, mais c'était dur !

Après avoir bien visité, Valentina nous a emmenés à la source, qui se présente sous la forme de trois robinets à l'ancienne, et en échange d'une modique somme on pouvait boire voir prendre de l'eau et la ramener chez soi. Valentina nous a donné cinq litres chacun; moi qui ne boit que de l'eau pétillante, je l'ai utilisée pour faire mon thé tous les matins pendant le temps qu'il restait avant mon départ. Bah c'est de l'eau quoi, il paraît qu'elle est bonne pour la gorge, sûrement.

 

Nous sommes ensuite partis à la campagne à la datcha de Valentina. Donc les datchas ce sont des petites parcelles sur lesquelles les Russes font pousser leurs légumes et ont une cabounette avec le strict minimum (les chiottes étaient dans le jardin). Celle de Valentina se compose d'un sous-sol avec les outils de jardinage, un rez-de-chaussée avec cuisine, salon, chambre, et un premier étage qui m'a fait pensé à la chambre de Heidi. Pas de salle de bain, hein.

J'ai mangé du caviar pour la première fois de ma vie: c'est... salé. C'était ce qu'ils appellent du caviar rouge, donc des grosses billes orangées. Ca explose en bouche un peu comme le bubble tea, mais ça libère de l'eau salée. Pas franchement mon plat préféré, et j'ai difficilement fini ma tartine !

On a beaucoup discuté avec le fils de Valentina, de tout et de rien, et des datchas: il nous a expliqué que c'est le gouvernement qui a donné ces parcelles aux Russes pendant la Guerre Froide, alors qu'ils manquaient de ressources, pour qu'ils puissent faire pousser leurs légumes. Il disait que c'était pour ça qu'il ne craignait pas les sanctions économiques, d'ailleurs.

 

C'était une super journée, vraiment, il a fait un temps magnifique, et à part le châle, tout était parfait !

'Rgardez comme ch'est booooow
'Rgardez comme ch'est booooow'Rgardez comme ch'est booooow

'Rgardez comme ch'est booooow

La fac

Alors. Les examens d'état. C'te bonne blague.

En anglais, on l'a passé avec l'équivalent d'une classe de master 1. C'était une piece of cake, franchement. Les profs m'ont demandé d'où venait mon anglais, c'était assez comique.

En français, bah Valentina nous a fait grâce du 3e exercice, je veux dire, c'est un peu ridicule. Mais en même temps on a fait nos soutenances de mémoire, et pour le coup c'était sympa de voir les réactions des profs à la vue de mon travail !

Antoine et moi avons offert à Valentina et une autre professeure de magnifiques bouquets de fleurs pour les remercier de leur soutien, et de nous avoir accompagné toute cette année scolaire en Russie.

Valentina et moi nous sommes occupées d'envoyer nos notes à Paris 3 pour équivalence, ce qui était très drôle: je pensais qu'on allait adapter les notes russes, sur 100, en notes sur 20; MAIS PAS DU TOUT ! Valentina a juste regardé les libellés des matières et nous attribuait des notes, POUF, comme ça. Elle a faillit me mettre 20 à une matière mais a accepté de descendre à 19; 20, ça serait pas passé !

Du coup j'ai fini avec quelque chose comme 17,8 de moyenne générale pour l'année, ce qui m'a tiré la moyenne de ma licence vers le haut et m'a permis d'avoir la mention Bien pour l'ensemble. Oui, c'est complètement cheaté, et j'en suis la première mal à l'aise: mais si ça m'aide dans le futur à obtenir par exemple mon entrée en M2, je vais pas dire non !

 

Le Village

J'ai du récurer à fond ma chambre pour la rendre, même les prises, les plintes, les murs, TOUT ! TOUT devait être comme neuf, ce qui était impossible vu que quand j'y avais emménagé c'était déjà loin d'être parfait ! J'ai du faire revenir la nana 3 fois pour qu'elle vérifie et il y avait toujours un touuuuuut petit détail qui posait problème . Juste affreux.

Et le pire ? C'ETAIT PAREIL POUR LA CUISINE. La CUISINE que je partageais avec mes chers voisin ayant une franche tendance à tout dégueulasser de manière extraordinaire.  J'ai BIEN BIEn galéré, et j'ai ensuite passé mon temps à surveiller que personne ne vienne tout salir avant que la nana soit venu confirmer que c'était propre. RAAAAAAAAAARGH.

La bonne nouvelle, c'est que la commandante ne m'a pas réclamé mes heures de travail d'intérêt général (les 4 qu'en principe tout le monde devait), je suppose que le nombre de fois où elle m'a réveillée pour me faire récurer la cuisine ont suffi à adoucir son petit coeur. J'ai obtenu d'elle le papier disant que j'étais déchargée de tâches communes (YIPEEEEE), j'ai précisé quand je partais, j'ai promis que Sonia ramènerait mes draps (je partais trop tôt pour pouvoir les rendre), et j'étais libre.

Enfin libre de me prendre la tête avec mes bagages. J'ai envoyé ses cadeaux à ma grande soeur via la Poste (ils ont mis 1 mois à arriver, dont deux semaines parce que l'Irlande les a gardé, je sais pas pourquoi), je me suis auto-envoyé des chaussures et un manteau, et je me suis bien cassé la tête et les bras à essayer de tout faire tenir dans ma grande valise et la petite que j'avais acheté exprès (50€ de plus à payer à l'aéroport) de façon à respecter les poids limite. Bah c'était pas facile facile, croyez-moi.

 

Sonia était partie je ne sais plus où, du coup on s'était dit au revoir un peu avant; ça a été dur, parce que je me suis beaucoup attachée à elle. Elle a ses bizarreries (mais purée moi aussi), mais c'est un amour et j'ai eu beaucoup de chance de l'avoir comme colocataire.

 

Quant à mes amis de la fac, ils bossaient surtout leurs examens chez eux, et puis suite à un problème d'organisation, on a pas fait de fête d'adieu, au final, c'est bien dommage.

Mes élèves de l'Alliance et moi avons été bien tristes de nous séparer. Nous sommes quand même allés ensemble à un concert de Jazz (pas mon truc), du moins avec certains. Ils me manquent, j'aimais bien leur apprendre des mots avec mes pitreries !

 

Bilan

Ce qui ne va pas me manquer de la Russie

Clairement, la viande pas saignante. Le Village, carrément, ne va pas me manquer, mais alors pas du tout du tout du tout, avec ces gens qui rentrent chez moi tout le temps, les annonces au haut-parleur DANS ma chambre, la cuisine partagée, les inspections... L'ultra surveillance, le fait de toujours dire où je suis et pourquoi, non plus. Le WIFI, purée, je suis tellement heureuse d'avoir retrouvé la civilisation pour ça !

 

Ce qui me manque déjà

Tout le reste.

Mes amis, mes élèves, ma coloc, Valentina, mes profs.

Mon supermarché, ma fac, Kazan, l'extérieur du Village, les cafés, les centres commerciaux.

Les transports, la nourriture, les vestiaires partout.

Courir dans le Village, faire mes courses pour moi toute seule, me balader seule sans rendre de comptes à personne, ne pas avoir de responsabilités, n'avoir presque pas cours, vivre à mon propre rythme, ne pas faire de concessions.

 

Oui, le blues du retour, ça existe.

Quand je sortais de mon bâtiment, j'aimais tout d'un coup beaucoup plus le Village !
Quand je sortais de mon bâtiment, j'aimais tout d'un coup beaucoup plus le Village !

Quand je sortais de mon bâtiment, j'aimais tout d'un coup beaucoup plus le Village !

Le Retour !!!

Je n'ai pas pleuré quand on a décollé de Moscou, même pas de Kazan, quand Valentina m'a donné une bague de famille. Mais c'était dur. Je considère vraiment la Russie comme mon deuxième pays, maintenant...

J'ai retrouvé mon blond, ma famille, mes amis. Après un temps, j'ai ré-emménagé dans mon propre appart, plus grand que l'ancien (AVEC UN LAVE-VAISSELLE BOUDIOU). On a même un chat depuis fin août, même si je n'ai toujours pas fait mon deuil de Vaughan.

J'ai réalisé mon rêve de m'offrir les trois dernières consoles next-gen (et elles sont cool !).

J'ai repris mon travail d'hôtesse en événementiel, et opératrice, et en ce moment hôtesse en entreprise. C'est toujours pas mon métier de rêve mais ça paye, et j'ai toujours de super collègues, alors haut les coeurs !

La fac, aussi, j'ai repris, à Nanterre, cette fois. Ca a été un peu le bazar côté administratif, mais maintenant, c'est bon: c'est moins exigeant qu'à Paris, et les gens beaucoup plus cool.

 

Mais surtout, j'ai beaucoup, beaucoup changé. Je suis rentrée sûre de moi, bien dans ma peau, ZEN. Après 12 ans d'insomnie, je dors bien, je relativise beaucoup plus.

Ma zenitude part doucement, avec le stress des cours/examens, du boulot, de la vie en région parisienne, quoi. C'est rageant, parce que j'étais super bien, en rentrant, et je recommence à me crisper. C'est dommage ! Il faudrait déjà repartir, en fait...

Je ne cours plus, ma chute de février a en fait laissé des séquelles, j'ai une fissure au genou et j'ai assez régulièrement mal, donc pas de course à pieds. Pas de zumba, vu que je n'ai pas aimé ma séance au club de ma ville.

 

Là où je relativise beaucoup plus, c'est surtout quand j'entends les gens critiquer la Russie. Je ne dis pas qu'elle est sans défauts, mais je ne supporte plus cette attitude du "NOUS les Occidentaux on sait mieux que tout le monde, on a raison, on remet la Russie à sa juste place". C'est plus compliqué que ça, et tout le monde pense avoir raison. Le Russie-bashing est à la mode, mais ça m'agace. Vivement que ça passe aux Français !

Je suis toujours aussi passionnée par les différentes cultures, et purée qu'est-ce-que je voudrais repartir ! Recommencer à zéro encore une fois, dans un autre pays, seule... C'est difficile de se réadapter à ma petite vie monotone, aux conflits, à l'administration française, aux responsabilités... Et de ne plus parler russe au quotidien. Avec la langue vient un mode de pensée, et ce mode me plaisait beaucoup...  Je pense beaucoup à la Russie, et bizarrement, ce qui me revient le plus, c'est de faire mes courses, seules, en prenant mon temps, de choisir des choses que j'aime sans penser à personne d'autre, et finir par m'acheter un petit pirojok pour la route.

 

Je suppose que je donne l'image d'une personne très égoïste, mais ces neuf mois, c'était la première fois que je vivais seule, que je me gérais seule, que je n'avais personne d'autre à chouchouter que moi, personne pour me faire des remarques, pour nécessiter mon attention, avec qui devoir faire des compromis. Que ce soit en famille ou en couple, on a toujours quelqu'un qui compte autre que soi: mais pas là.

C'était... Rafraichissant ! Alors il faut me comprendre, revenir "en arrière" et devoir me réintégrer dans un système familial, c'est difficile, même six mois plus tard. Je ne regrette pas d'être rentrée (FROMAAAAAAAAAAAAAAGE VIAAAAAAAAANDE INTERNEEEEET LAVE-VAISSELLE/ MICRO-ONDES/CUISINE A MOI SEUUUUUUULE LIT DOUUUUUUBLE et tellement d'autres choses !), mais je regrette d'être partie.

Ca n'a pas de sens ? J'ai jamais dit que ça en avait !

 
Conclusion

 

Comment finir cette aventure sur autre chose que de la nostalgie ? A l'étranger, tout est une découverte,  même les signes piétons sont différents, même l'air est différent.

J'ai adoré la Russie, et je me rends compte j'en parle encore beaucoup, même si moins que quand je suis rentrée: j'étais comme Howard Wolowitz de Big Bang Theory quand il est revenu le d'ISS: on a envie d'en parler tout le temps, de comparer avec notre vie et de se souvenir de ce qu'on a vécu ailleurs. J'ai envie que les gens comprennent qu'en dehors des frontières, il y a des gens, mais aussi des cultures, des petits détails et des grosses différences. J'ai envie de montrer ce que j'ai vu, de faire goûter ce que j'ai mangé, d'expliquer les nuances de la langue russe...

Ce voyage, je vais le garder bien au chaud dans mon coeur; il fait partie de moi, et il m'a beaucoup apporté.  Merci à vous de m'avoir accompagné au fil de mes aventures... Jusqu'à la prochaine, quelle qu'elle soit !