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Viallou's Adventures in Russia
Viallou's Adventures in Russia
Allô la France, ici Kazan !

Allô la France, ici Kazan !

Ouhou je suis en forme côté blog, allez, c’est parti pour les nouvelles du jour, attrapez vos chips !

 

La Journée Française à Auchan

 

Le 7 Mai, l’Alliance Française a participé à la Journée Française qui se déroulait au Auchan du coin. J’ai teeeellement eu l’impression de travailler à nouveau comme hôtesse !

 

Après  une séance gonflage de ballon (à l’air, pas à l’hélium, dommage), le personnel de l’Alliance a lancé les festivités via des chansons françaises, des jeux audio pour apprendre quelques mots aux enfants, des activités pour en apprendre aussi aux adultes… Bon au bout de trois fois la chanson « Je te dis, BONJOUR, tu me dis BONJOUR, on se dit, BONJOUR, et BONNE JOURNEE », j’avais envie de tuer quelqu’un, mais je m’en suis remise. Le public était sacrément réceptif,  les enfants participaient, les adultes aussi, dans la joie et la bonne humeur.

 

De notre côté, on avait envoyé des recettes à Auchan pour préparer une dégustation de plats français. En fait, j’aurais bien cuisiné, mais avec un four dont la porte ne se ferme pas, c’est pas franchement facile. J’avais choisi la Flamenkueche, vu que c’est un plat facile à préparer, et assez proche d’une pizza pour flouer les russes et les faire goûter. Ce qui a drôlement marché, on était constamment à court de parts ! Il y avait aussi de la Quiche Lorraine, du Cake au jambon et olives, du Cake au saumon et courgettes, et des morceaux de Madeleines.

 

Pendant trois heures on a accueilli, avec Antoine, Lauranne et Danny (journaliste français qui travaille aussi pour l’Alliance) les gens avec un « Bonjour », on leur a fait goûter les plats, donné les recettes. J’ai aussi pas mal discuté avec Danny : il a été prof d’Histoire, et directeur d’une médiathèque en Champagne-Ardenne. Malgré sa tendance à rabaisser la Russie, les Russes et surtout leur cuisine (et à parler de lui mais je peux rien dire je fais pareil), c’était super intéressant. Il m’a raconté par exemple que lors d’une visite d’une expo dans sa médiathèque, un enfant aurait dit « Non mais pendant la Seconde Guerre Mondiale les Allemands avec aucune chance, c’est comme au foot on avait Deux Goals »… Ouh là là.

 

Pour attirer les passants, deux jeunes filles qui apprennent le français à l’Alliance était maquillées en mimes. Elles étaient super énergiques tout du long !

 

Il y avait aussi un boulanger-pâtissier français, qui était venu présenter son travail, apparemment dans l’optique d’ouvrir une boulangerie française à Kazan ; dommage, je serai déjà partie ! On a peu discuté, mais c’est en fait un ancien policier, et en deux trois phrases j’ai vite compris qu’il était d’extrême-droite. Mes amis policiers, en France, ont aussi tendance à en faire partie, comme quoi être flic, et donc faire face à toutes sortes d’horreurs, ça pousse vraiment les gens dans les bras de l’extrême-droite. Mais à entendre autant mes amis que ce boulanger, c’est assez compréhensible. Je suis personnellement loin de sympathiser avec le Front National, bien au contraire ; mais je ne peux pas dire que ce que voient les policiers chaque jour est compatible avec mon point de vue. C’est un « trop, c’est trop », et si je ne suis pas d’accord avec eux, je les comprends.

 

En bref, journée sympa et enrichissante, même si j’ai pas pu goûter les plats T_T.

Non, c'est pas à Auchan, mais à côté. Aucun lien avec la Journée Française, c'est juste cool de voir Burger King écrit en russe !

Non, c'est pas à Auchan, mais à côté. Aucun lien avec la Journée Française, c'est juste cool de voir Burger King écrit en russe !

Le 9 Mai, Jour de la Victoire

 

Chez nous, la Victoire 1945 (du moins européenne), on la fête le 8 Mai. Le truc, c’est que ça date du 8 Mai 1945 à 23h01 heure de Berlin, soit 01h01 le 9 Mai heure de Moscou. Du coup, ici, c’est le 9 Mai.

 

Ca ressemble assez à notre 14 juillet : des parades, des feux d’artifices, des évènements type concerts… C’est considéré comme la plus grande fête de l’année (et franchement ils en ont des TONNES, pas forcément fériés)

 

Le truc, c’est qu’ici, c’est pas tant la fin de la Seconde Guerre Mondiale que l’on fête, mais plutôt la fin de la Seconde Grande Guerre Patriotique (1941-1945), qui correspond en fait au conflit russo-allemand pendant WWII. Personnellement, je trouve ça assez moyen et égoïste, mais bon,  en même temps, nous on fête bien que la Victoire Européenne, la vraie fin, en août, ça nous touche pas autant.

 

Ce jour-là, Sonia m’a invité à le passer avec elle, son chéri et ses amis. On s’est levée tôt pour aller à la Place de la Liberté (hi hi ma ville d’origine en a une aussi), où le Président du Tatarstan a fait son discours, puis on a vu la parade du régiment de Kazan, on a écouté les chants patriotiques (ça aussi ils en ont des tonnes). C’est assez étrange, parce qu’on voit partout les drapeaux de l’URSS. J’ai demandé à Rouslan, le chéri de Sonia, pourquoi. Il m’a répondu que c’était sous l’URSS qu’ils avaient gagné la Guerre et libéré l’Europe (j’y reviendrai), et qu’ils en étaient fiers. Personnellement j’ai du mal à le comprendre, mais soit.

 

L’autre symbole de cette journée est le Ruban Géorgien, une bande orange avec trois rayures noires. J’ai encore le mien, que j’avais accroché à mon sac, comme Sonia. Beaucoup le portaient sur leurs vêtements : je veux bien le porter parce que c’est la tradition, mais c’est pas non plus MON symboles, alors sur le sac c’est très bien. Tout le monde en portait, parfois associé avec un ruban aux couleurs de la Russie.

 

On a retrouvé Alexeï, un ami, pour ensuite descendre Kazan à pieds, puis prendre sa voiture jusqu’au Parc de la Victoire, avec Ilvina et Maxime, un couple d’amis de Rouslan. On s’est pas mal promenés là-bas : il y avait des concerts, des poneys, des carrioles, des stands commémoratifs, des stands de ventes de chachlik (des brochettes de viande), bref, j’avais l’impression d’être à une brocante, sans les objets à vendre. C’est une ambiance que j’aime bien, avec la musique, les enfants qui s’amusent, la fumée de la viande en train de cuire… Et puis il y avait des gens qui jouaient avec des comptines typiques russes, en costumes et tout !

Allô la France, ici Kazan !

Tout notre petit groupe s’est ensuite entassé dans la voiture, direction le supermarché, pour acheter de quoi pique-niquer et bouhat’, se bourrer la tronche. Après un passage éclair chez Alexeï pour laver les légumes, direction les bords du fleuve. Un peu de musique, on met la nourriture sur la plage arrière de la voiture, on sort la chicha, et tadaaaa un super après-midi ! D’autant plus qu’il faisait un temps absolument superbe.

 

Au fil de la discussion, Rouslan m’a demandé ce que nous, Peuple Français, pensions de Napoléon : est-ce qu’on en est fier, honteux ? J’ai répondu qu’honnêtement, c’était y’à 200 ans, on a pas vraiment de sentiment particulier. Personnellement, je trouve que son Code Civil (dont beaucoup d’articles sont encore présents dans l’actuel) était drôlement bien foutu pour l’époque, et socialement super avancé. A part ça, certes, c’était un conquérant et tout, mais pour moi, c’est un fait d’histoire, maintenant. Quelque chose d’abstrait, en quelque sorte.

 

Je vous ai dit que 1941-1945 correspondait à la Seconde Grande Guerre Patriotique. Eh bah, dans le mille, la première, c’est pas 14-18, mais 1812, la campagne de Russie de Napopo. En gros, leurs Guerres Patriotiques, ça correspond à leurs conflits majeurs sur leur territoire. Mais aussi à deux petits hommes énervés qui se sont pris une déculottée en voulant passer l’hiver en Russie.

 

Quand j’ai eu ma « discussion » à propos de la Seconde Guerre Mondiale avec mes amies de l’Université, je vous l’ai dit, j’ai été étonnée de voir leur point de vue sur le sujet, et la certaine, disons, mentalité qui en découle. Avec Danny, pendant la Journée Française à Auchan, on en avait parlé : il a rencontré la même chose avec un des professeurs de l’Alliance. Et lui, il est historien, à la base, alors je vous dis pas le choc.

 

Les Russes pensent, profondément, que leur Armée a sauvé l’Europe, a libéré l’Europe des fascistes. Loin de moi l’idée de les contredire : oui, ils ont bien avancé à l’Est. Avant d’organiser des coups d’Etat et autres magouilles pour récupérer lesdits pays de l’Est dans leur giron et de les y maintenir bien fermement, puis de construire un Mur pour les empêcher de fuir. Alors certes, ils ont libéré, hein, techniquement parlant : mais on peut pas ignorer la suite de l’Histoire… Bon après, le côté « Les autres n’ont fait qu’aider », euh, faut p’têt pas rigoler non plus. Qu’ils soient fiers de leur Victoire, soit, mais ils ne sont pas les seuls à avoir trimé loin de là.

 

Mondialement, on est vus comme « ceux qui ont déposé les armes ». Personnellement, je n’y étais pas, mais on sait quand même que le peuple était loin d’être pour. Les Américains en rient gentiment sur le Net (« Vend armes Françaises, jamais utilisées, déposées une fois ») et encore, ils ont bien d’autres sujets pour rire de nous. Les Russes, eux, quand vous leur en parlez, eh bah j’ai la nette impression qu’ils nous méprisent un peu pour ça. Oh, on reste le pays de la gastronomie, ils adorent nos chansons, etc : je crois que ça fait de nous des chiots. Mignons, beaux, mais pas foutus de « Garder leur pays ».

 

Enfin si on mesurait la valeur d’un pays à son armement, les Etats Unis seraient… Ah, bah exactement à la place à laquelle ils sont, en fait. C’est exactement ce qu’on fait. Oui, c’est ridicule, oui, ça revient à un concours de gamins de « celui qui a la meilleure carte graphique », ou autres concours de ce genre (si si vous voyez de quoi je parle). Heureusement qu’on a nos parades militaires pour bieeeen montrer tout ça, hein.

 

Enfin bref. Après un après-midi à bronzer et boire du Martini (que j’ai appris qu’en temps normal, les Russes mélangent avec du jus de fruit, SACRILEGE BOUDIOU DE BOUDIOU), on est allés chez Maxime, où nous a laissé Alexeï. Là, on m’a fait goûter des « patates à la française », genre de hachis Parmentier en beaucoup, beaucoup plus gras et avec du fromage russe sur le dessus. Puis j’ai discuté avec Maxime, et il a lancé le sujet (impossible de me rappeler comment) des homosexuels. Le débat compliqué…

 

En soi c’était très intéressant, plus qu’avec d’autres : quand certains me visaient directement par leurs remarques ou parlaient de « dégénération de l’Europe » comme on entend souvent, Maxime est resté sur le sujet, et c’est fort agréable. Enfin, non, c’est pas un débat sympa à avoir, mais débattre avec une personne capable, à la fin, de vous serrer la main et de dire « chacun son avis », c’est quand même vachement mieux que quelqu’un qui vous jugera comme le Diable.

 

Là aussi où c’était intéressant, c’est que ses arguments sont complètement irrationnels et dictés par ce qu’il a entendu ses parents dire, même des choses totalement illogiques.

 

Un bon exemple : il me soutenait que l’homosexualité est une maladie mentale (oui oui ils en sont encore là). Je lui ai dit que partant de ce principe, faire une loin en interdisant la propagande, c’était stupide : on ne fait pas de la propagande pour une maladie mentale. J’ai même fait une démo : je me suis approchée d’Ilvina, ai posé ma main sur son genou et lui ai susurré de venir au lit avec moi. Maxime a fait une drôle de tête, d’ailleurs. Elle, elle riait. Je lui ai dit : « Regardes, imaginons que je sois lesbienne, tu vois bien qu’Ilvina ne va pas être « malade » à cause de ce que je viens de faire. Et si tu acceptes que ce ne soit pas une maladie, même là, elle est assez grande pour me dire « non » si elle a pas envie, et puis, de toute manière, je vois mal quelqu’un faire ça, sachant qu’elle est hétéro et en couple avec toi ».

 

Chose amusante, dès qu’il était à court d’arguments, Maxime se bouchait les oreilles et ne trouvait plus ses mots. On m’a dit qu’on ne l’avait jamais vu comme ça. Il a essayé de me parler de l’influence de la Gay Pride : je lui ai dit que personnellement je n’en suis pas fan pour l’image que ça donne, mais c’est quand même une chouette fête, et surtout, c’est important pour que les gens réalisent que ces personnes existent et n’ont pas à se cacher. Maxime défend le point de vue opposé, qu’ils devraient se cacher.

 

Il m’a dit quelque chose d’intéressant : tenant à prouver qu’il y à quelque chose de malsain dans l’homosexualité, il m’a demandé « Qui a eu l’idée qu’ils sont différents et anormaux ». Et là, merci Buddha, j’ai eu la meilleure réponse possible : « Qui a eu l’idée que les noirs sont différents et anormaux ». Maxime a complètement bugué, avant de me dire « Ah mais non je suis contre le racisme »

-« Ah, donc tu es contre le fait de discriminer une personne sous prétexte qu’elle n’est pas exactement comme toi. Pourtant c’est ce que tu fais avec les homosexuels. » 

 

Et lui de crier que c’est pas pareil, bla bla bla. Il a été heureux de trouver du soutien auprès de Rouslan. Un truc étonnant, autant les gays leur posent un gros problème, autant les lesbiennes, ils s’en fichent mais complètement. Mais alors vraiment, vraiment. Je suppose que ça a avoir avec leurs fantasmes sur le sujet. Si CA c’est pas machiste…

 

Première question de Rouslan à ce sujet : « Clara tu es une naturalka (naturelle) ? ». J’ai bugué, je crois, parce que mon cerveau refusait d’assimiler le mot « naturelle » à hétérosexuelle. Avec lui, la conversation était moins sympathique : c’est un fervent défenseur de la logique à tous niveaux. Pour lui, tout, absolument tout, se chiffre et se compare. J’ai trouvé du soutien auprès d’Ilvina qui lui a demandé « Et l’amour ? ». J’ai renchéri « Et la valeur d’une personne ? ». Oui oui, selon Rouslan, il existe des données, des équations, pour calculer tout ça. Bref, une personne avec qui il est difficile de discuter, en tout cas pour moi. C’est un garçon gentil, hein, à côté de ça. Mais un peu trop… protecteur, à mon goûts, envers les filles. Du genre macho qui croit bien faire.

 

Ce soir-là, j’ai eu le parfait exemple de pourquoi il ne faut pas juger les gens à partir de leur point de vue sur un seul sujet. Si Maxime était homophobe et Ilvina non, lorsqu’on a abordé l’Ukraine (après la fameuse poignée de main respectueuse de « chacun son point de vue »), Maxime était totalement de mon avis et Ilvina pas du tout. Elle pense qu’il est important pour la Russie de défendre ses frontières et ses compatriotes quitte à empiéter sur l’Ukraine, tandis que Maxime refuse d’être entrainé dans une guerre qui pour lui n’a aucun sens.

 

Après ces débats, durant lesquels le niveau sonore a augmenté mais le respect n’a jamais diminué (bref le genre que j’aime), le groupe est parti voir le fameux feu d’artifice pendant que je prenais le bus pour rentrer au Village avant sa fermeture : j’avais un cours particulier de français à donner tôt le lendemain.

 

En bref, c’était une excellente journée : il a fait beau, j’ai bu la moitié d’une bouteille de Martini (« C’est une tradition les hommes servent à boire pas les femmes » « OK, c’est un peu sexiste mais au moins avec toi mon verre est jamais vide, et ça, c’est cool »), je me suis promenée, j’ai participé à des débats respectueux. Même si mon cœur se serre à l’idée que tous les Russes pensent du mal des gays à ce point-là….

Allez on se remonte le moral avec, en vrac, l'estrade sur la place de la Liberté, le Ruban Géorgien sur le sac de Sonia, la Statue de Lénine au milieu des ballons rouges
Allez on se remonte le moral avec, en vrac, l'estrade sur la place de la Liberté, le Ruban Géorgien sur le sac de Sonia, la Statue de Lénine au milieu des ballons rougesAllez on se remonte le moral avec, en vrac, l'estrade sur la place de la Liberté, le Ruban Géorgien sur le sac de Sonia, la Statue de Lénine au milieu des ballons rouges

Allez on se remonte le moral avec, en vrac, l'estrade sur la place de la Liberté, le Ruban Géorgien sur le sac de Sonia, la Statue de Lénine au milieu des ballons rouges

L’Eurovision

 

Le lendemain soir, c’était la diffusion de l’Eurovision. Avec Sonia, on a manqué les performances, mais on a suivi les votes avec attention. C’est toujours intéressant politiquement, et puis crotte c’est une compétition Vive la France/Pologne !

 

Comme certains le savent, on avait envoyé le groupe Twin Twin et leur chanson Moustache nous représenter. Bah moi, je l’aime bien, cette chanson. C’est pas super élevé, mais ça a le mérite d’être frais, décalé, énergique ! J’avais pas très envie de gagner, histoire de ne pas payer les frais d’organisation l’année prochaine, mais j’aurais bien voulu une place dans le Top 3 pour nos Frenchies.

 

Je suppose que ceux qui ont regardé se souviennent de la performance de la Pologne : une chanson sur les charmes des Slaves avec des nanas au décolleté plongeant et des mouvements à symbolique clairement sexuelle. Quand on avait appris qui allait représenter la Pologne, Sonia était mortifiée : effectivement, pas besoin d’empirer la réputation de filles faciles des filles de l’Est… Ce qu’elles ont totalement réussi à faire. Même si les paroles étaient en Polonais. Si vous cherchez sur le net, elles ont fait une autre chanson, en anglais, sur « Secoue ce que ta mère t’as donné, on est aussi mystérieuses que des matrioshki », tout ça tout ça.

 

Et puis il y a Conchita Wurst. J’avais vu quelques images d’elle sur le net sans savoir qui c’était, je l’ai enfin découvert lors de l’Eurovision. Pendant les votes, ils repassent les extraits des performances, donc difficile de juger sa chanson dessus. J’ai profité des votes pour me renseigner sur elle.

 

Au niveau des votes, je suis déçue de notre score évidemment, mais je ne pense pas que Twin Twin soit responsable. Je sens plutôt un mécontentement européen général : aucun de nos voisins ne nous a accordé de points, jamais vu ça.

 

Au moment des votes de la Russie et de la Biélorussie, on a clairement entendu des huées de la part du public. J’espère que les jumelles représentant la Russie ont compris que ce n’était pas pour elles, mais pour la Russie en général…. Sinon, les pauvres. Ces deux pays (et d’autres) avaient des pétitions contre Conchita Wurst, ce qui explique pour beaucoup sa victoire à mon avis.

 

Oui, sa chanson est un hymne à la différence, oui c’est un superbe symbole de l’avoir fait gagner, mais non, je suis désolée, si l’Eurovision était un vrai concours de chant, de une, ça se saurait, et de deux, elle n’aurait clairement pas gagné. Je suis de tout cœur avec elle, mais pardon, sa performance n’est pas incroyable.

 

Les réactions sur Vkontakte et les journaux russes n’ont pas tardé : le pronom «оно », neutre mais péjoratif, a été utilisé. Autant l’Amérique en rigole (oui c’est des marrants), autant la Russie méprise clairement l’Europe d’avoir fait ce choix. Et pan, dans les dents !

 

A côté de ça on ne m’en a pas parlé, donc je ne peux pas trop dire ce que les gens en ont pensé.

Ceci n'a rien à voir avec l'Eurovision. Ceci est un jeton pour le métro de Kazan.

Ceci n'a rien à voir avec l'Eurovision. Ceci est un jeton pour le métro de Kazan.

La Nuit au Musée

 

Une semaine après l’Eurovision, Sonia m’a invitée à participer à la Nuit des Musée à Kazan. On s’est prévu un petit programme, ce qui signifiait ne pas rentrer à 23h au Village et donc de devoir attendre 6h pour y rentrer, soit une belle nuit blanche.

 

Deux Red Bull et un bus plus tard, on est arrivées à la Galerie d’Art Moderne. Pour 100 roubles, on avait accès à tout. On a d’abord regardé l’exposition du premier étage (RDC chez nous), qui était… Pas mal, dans le genre « Je suis un artiste sous LSD ». Tout était éclairé à la lumière noire, donc tout était fluorescent. Il y avait des tentures, des dessins en fils, des trucs chelous, des dessins de Dieux égyptiens et indiens, de l’encens, beaucoup de peintures me rappelant différents jeux vidéo (on se refait pas), bref, c’était cool !

 

Ensuite on a passé une bonne partie de la soirée au deuxième étage, à écouter les différents concerts prévus. Concerts mais aussi une performance de Danse Contemporaine étrange : et que je te pousse du pieds dans le sein pour que tu tombes, et que je t’arrache un livre des mains, et que je déclame des morceaux de livres, et que je te tire violemment… Mouais.

 

Parmi les concerts il y avait : des musiques sans paroles types électroniques (pas genre dubstep, plutôt genre la musique de Microcosmos), du reggae en russe (dont une chanson improvisée avec pour paroles la description de la pièce), du Evanescence au rabais, et enfin mon préféré, de la harpe. Une jeune femme très gentille et sa harpe, qui ont repris des classiques russes et tatars, mais aussi No Surprises de Radiohead, et une chanson du film Bodyguard (non pas celle de AND IIIIIIIIIIIIIIIIII WILL ALWAYS LOOOOOVE YOUUUU)

 

Entre temps on a mangé dans un restaurant où quand vous commandez de la viande/du poulet, ça arrive sans garniture. Eh oui faut la commander à part. Et puis quand ils vous servent du fromage, c’est genre le fromage américain, le truc qui ressemble à de la sauce, dans des tubes en plastique. Yerk yerk. J’ai bien regretté, surtout quand mon ventre a tenu à me rappeler que je ne digère pas ce qui est à base de crème.

 

Une fois les concerts terminés, et après avoir regardé les expos restantes (dont des peintures de Kazan il y à 50 ans), on est parties à pieds en quête de la Galerie Smena. Rouslan appelait Sonia toutes les heures pour savoir si on était sûres de pas vouloir venir se bourrer la tronche chez Maxime, parce que « C’est dangereux la nuit de se promener ». Non mais sans blagues. D’ailleurs, pratiquement chaque voiture, à partir de 2h00, qui nous croisait, ralentissait pour nous demander si on avait besoin de quelque chose.

 

  1. Des voitures qui ralentissent à notre niveau, c’est plus flippant qu’autre chose, messieurs.
  2. Je sais pas si on nous a pas pris pour des prostituées.
  3. Si 2- est négatif, ça veut dire qu’ils s’étonnaient effectivement de voir deux jeunes femmes marcher dans la rue la nuit.

 

Coucou, on a pas fait le symbole de l’auto-stop, donc tout va bien lâchez-nous, merci d’avance. Mince, on vous a rien demandé, on est juste en train de marcher tranquillement ! C’était vraiment agaçant, à la fin. Alors vous me direz que ça part d’un bon sentiment : mais c’est exactement ce genre de comportements, flippants, du type ralentir à notre niveau, qui fait dire que se balader la nuit est dangereux, bande de crétins !

 

Un seul gars vraiment bizarre nous a demandé si on avait besoin d’aide, mais on a préféré demander notre chemin à un policier plutôt qu’à lui. Sonia nous avait perdu (la prochaine fois c’est moi qui prend le plan T_T). Bon, on s’est bien tâtées avant d’aller parler au policier, très franchement on a moyennement confiance en la police russe, mais il a été gentil et nous a indiqué le chemin.

 

On a fini par trouver la Galerie Smena, où on a vu une super exposition autour d’un auteur et de sa grande lune en plastique. La musique de fond, c’était Clair de Lune de Debussy. J’ai un passé compliqué avec cette chanson, donc j’étais un peu triste, mais j’ai quand même bien apprécié. On y est restées jusqu’à 3h15, puis on a rebroussé chemin alors que le jour pointait son nez (si, si à 3h30) pour aller se poser dans un café Kafeina sur la rue Baumann, la rue principale.

 

A Kazan il y a ENORMEMENT de choses ouvertes 24/7, c’est hallucinant : les Mcdo, des cafés, des superettes (dont seulement une mini fenêtre s’ouvre, je suppose pour éviter les dégâts par personnes bourrées). C’est vraiment super chouette, ça ! Et ça va vraiment me manquer !

 

On a pris des chocolats chauds pas donnés mais vraiiiiment très bons, en discutant. Et comme toute discussion entre 4h et 6h du matin (oui oui règle universelle) on a parlé de choses intimes, nos problèmes de familles, de couples. On est rentrées à 6h, et encore une fois je donnais un cours privé le lendemain/le jour même, alors j’ai peu dormi, mais ça en valait vraiment la peine pour une aussi chouette nuit !

Photo prise tout à fait un autre jour, mais qui résume l'ambiance de l'exposition sous LSD

Photo prise tout à fait un autre jour, mais qui résume l'ambiance de l'exposition sous LSD

Tattelecom

 

Tattelecom, c’est la compagnie d’internet qui fournit le Village en Wifi. Oui oui, je suis sur Wifi, le genre avec code personnel pour s’identifier. Enfin y’à une version gratuite très lente et avec pub, aussi.

 

Comment ça marche ? Eh bien c’est tout un bordel : il faut remplir un compte en ligne avec des unités. On peut acheter ces unités soit via des Cartes Universelles de sommes précises, soit par un terminal où on met la somme qu’on veut. Il faut un certain montant d’unités pour enclencher internet pour 20, 30 ou 40Go, et ce pour un mois. Si vous utilisez vos Go avant la fin du mois, il n’y a aucune possibilité pour ré-enclencher via le même compte : c’est pourquoi j’en ai deux et j’alterne entre eux. Oui, c’est un système débile. Outre le fait que régulièrement (comme en ce moment) internet peut ne pas fonctionner pendant des heures, ou alors le système d’identification ne vous laisse pas vous connecter. Bref, je hais Tattelecom.

 

Et encore, vous savez pas le pire. Pour le système via terminal, il faut rentrer son numéro de téléphone et on reçoit les informations pour ajouter les unités via téléphone (j’utilise beaucoup le mot via aujourd’hui). De manière général, beaucoup de choses fonctionne comme ça ici : pour payer ses impôts, ses amendes (pas encore payé la mienne haha), le téléphone, internet, et j’en passe. Il faut donc toujours avoir des billets sur soi, et non, la machine ne rembourse pas en cas d’erreur.

 

Une erreur, j’en ai fait une il y a peu. J’ai rentré mon numéro de téléphone russe, que j’ai vérifié (si si c’est le plus triste). Seulement, je n’ai rien reçu, pas de SMS. Alors j’ai re-vérifié sur mon ticket, et là, c’est le drame, j’ai mis un 3 au lieu d’un 2. Premier réflexe, appeler le numéro que j’ai entré. Le gars me dit qu’il n’a rien reçu (même plusieurs heures après).

 

Du coup, j’appelle Tattelecom : ils me disent de voir ça avec Qiwi, la société des terminaux. Je les appelle : voyez avec Tattelecom. Je rappelle Tattelecom : allez en magasin. Je prends le bus, me tape le trajet jusqu’au magasin, où on me dit « On peut rien faire, voyez avec Qiwi ». Légèrement énervée, je rappelle Qiwi « On peut rien faire, voyez avec Tattelecom ». Franchement en rage, je file mon téléphone à la nana du magasin, qui parle avec celle de Qiwi. Elles se mettent d’accord qu’il doit y avoir un autre numéro sur le terminal. Je reprends le bus (youhou quel temps perdu), je retourne au terminal : le seul numéro disponible est celui de Qiwi.

 

Je craque, j’appelle les deux sociétés coup sur coup en hurlant à moitié. Ils avaient tous bien compris mon problème et PERSONNE ne savait m’aider. Je voulais juste qu’ils renvoient le SMS, mais sur MON numéro, crotte ça doit pas être si compliqué, la question étant de savoir si le SMS émanait de Tattelecom ou de la borne directement, donc de Qiwi.

 

Au final, on me donne un autre numéro absolument sans aucun lien avec mon souci. Résultat, j’ai flingué mon crédit, et j’ai perdu 450 roubles, près de 10€.

 

Oui, c’est peu. Mais quand même, je suis pas la première personne à qui ça arrive, j’arrive pas à croire que ces incapables se renvoient la balles comme si personne ne savait rien faire à part me dire « On peut rien pour vous ».

 

Abattue, je suis rentrée, sans internet.

 

Deux jours plus tard j’ai payé pour 250 roubles d’internet. C’est là que Sonia me dit que Rouslan a eu le même souci ou presque. Il s’est proposé de tenter de m’aider, donc je lui ai envoyé une photo du ticket.

 

Croyez-moi ou pas, il est allé à Tattelecom, et en 5 min, on lui a dit « Oui bien sûr on s’en occupe », et après 15min, je recevais par Vkontakte les informations. Que j’ai donné à Sonia (bah oui j’ai déjà repayé), puisqu’elle reste plus longtemps en Russie et en aura besoin, et elle va me rembourser.

 

Du coup, j’ai rien perdu, mais je me pose des questions.

 

-Ils avaient tous compris mon problème : ma connaissance du russe était largement suffisante, et ils me répétaient les infos pour être sûrs d’avoir compris. Donc ça vient pas de là.

-Parce que je suis une femme ? Non, allez, c’est pas possible, hein.

-Rouslan a trouvé LE mec capable dans toute la société.

-Rouslan a repayé parce que je suis une faible femme française et qu’il se doit de m’aider.

 

Sincèrement, je ne vais pas demander, parce que je ne veux pas froisser Rouslan s’il a effectivement payé : encore une fois c’est assez sexiste s’il l’a fait, mais ça part d’une bonne intention, et je ne perds pas d’argent. Et puis s’il n’a pas payé ça le froisserait de toute manière que je puisse le croire.  C’est même pas Shrödigerien, je sais que dans tous les cas il se vexera : alors je l’ai remercié profondément de son aide, et c’est tout. Mais je ne suis pas sûre de quelle morale tirer de cette histoire. Oui, oui, triple vérifier son numéro, mais je suis humaine je fais des erreurs, et crotte, hein.

Hier m'a vraiment remonté le moral: j'ai accompagné Sonia pendant son shopping, et on a pris une belle Barpapa pour deux !

Hier m'a vraiment remonté le moral: j'ai accompagné Sonia pendant son shopping, et on a pris une belle Barpapa pour deux !

Cours Forrest Cours !

 

Je me suis découvert une passion pour le jogging. Alors que pourtant, quand on courrait au collège, je détestais ça ! Et en France, le jogging, ça fait peur : beaucoup trop d’histoires de joggeuses à qui il arrive des choses…

 

Mais ici, je courre dans l’enceinte du Village : pas de coin sombre, pas de voitures, des caméras partout, bref, plus en sécurité, y’a pas. Du coup, je me suis mise à courir une fois par semaine. Au début, c’était vraiment laborieux : 5 min de courses, 10 de repos, et ainsi de suite. Maintenant je courre 20min d’une traite, puis quand je marche pour me reposer c’est 3-4min, et encore, je suis loin d’être essoufflée. Je fais 40 min de trotte, puis je monte les énormes marches de l’Académie des Sports en courant, c’est un peu ma course de haie personnelle. Courir me déstresse, me vide la tête, un peu comme la natation, mais sans les mamies nues dans les vestiaires, les douches ouvertes, et toutes ces petites choses désagréables. Ici, comme partout, je reçois des coups d’œil ; mais personne ne m’aborde du genre « oh vous êtes jolie/ sportive/ souriez un peu voir/ autres phrases d’accroche ». Je suis tranquille sur mon asphalte, avec ma musique. En plus, mon corps change, et dans le bon sens. Je me sens plus en forme (sauf les jours de courbatures) et mieux dans ma tête.

 

Mon seul regret, c’est qu’une fois en France, je vais trop avoir la trouille pour courir dans la rue. Du coup, ça risque d’être en salle, et c’est vraiment dommage…

Ladite Académie des Sports

Ladite Académie des Sports

 

Les traditionnelles nouvelles diverses et variées

 

¤ Je n’ai plus qu’un examen avant les examens d’Etat. M’enfin j’en ai passé que 2 et demi sur 10 et demi, le reste étant des notes automatiques. Je vous en ai déjà parlé, de ces fameux avtomat, qu’en gros si on travaille bien tout le semestre on a minimum 17/20 sans passer d’examen. Oui, en gros, j’ai rien foutu en termes d’examen ce semestre. Oui, c’est frustrant, et pas que pour vous : au risque de paraître pimbêche, je voulais passer ces examens, histoire de me prouver que je le peux, et aussi parce que ça me permet de voir où j’en suis dans les différentes matières. Et puis crotte du coup je m’ennuie au Village…

 

¤Comme on a fini le bouquin d’étude, à l’Alliance, je montre à mes élèves des films français. « Les Garçons et Guillaume à table » a moyennement plu à cause du sous-thème (eh oui je considère l’influence des parents sur le développement et le bien-être des enfants comme le thème principal) homosexuel, sincèrement j’y avais pas pensé. Par contre, la comédie de Dany Boon sur le volcan Islandais a plu à tout le monde, et tout le monde a ri. Si on a regardé le premier en français sous-titré russe, le deuxième était en français sous-titré français, et je balançais à la volée des traductions des mots difficiles.

 

¤Iron Man, en russe, c’est l’Homme de Fer. Littéralement. Je désespère juste un petit peu.

 

¤J’accumule les cadeaux pour quand je vais rentrer. Ça fait beaucoup beaucoup de cadeaux, tout ça.

 

¤Je me suis mise à la cigarette électronique. Eh oui depuis le temps que j’avais envie de reprendre la clope, je me suis dit que c’était un entre-deux. Eh bah c’est pas mal du tout, et ici, les produits ne coûtent pas grand-chose. Oui, je vais en faire des réserves, évidemment. Non, je ne suis pas radine, juste économe !

 

¤J’ai trouvé les friandises que j’adore, les graines de sésames agglomérées *o* Oui, ça aussi, j’en ai fait des réserves !

 

¤J’ai enfin fait remettre à ma taille la bague que Polina m’avait offert pour mon anniversaire, bonheuuuur !

 

¤Il fait 30 degrés tous les jours. Au plus froid il faisait -30. Ce pays varie sur 60 degrés. Je crois que je vais rentrer fissa, moi.

 

¤Le rouge de mes cheveux s’est délavé en un châtain/roux ultra clair, c’est pas mal du tout en fait

 

¤Retour en France prévu le 12 juin, dans moins de trois semaines… Je suis à la fois excitée de rentrer et retrouver ma famille, ma patrie, mes fromages, ma viande sanglante, et autres réjouissances. Mais je sais qu’une fois rentrée, la Russie va me manquer, et puis j’angoisse devant la somme de choses à faire en rentrant… Sentiments mix...

 

C’est tout pour aujourd’hui, désolée de la somme de photo non liées à l’article, mais que voulez-vous, j’en fais pas tous les jours :)