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Viallou's Adventures in Russia
Viallou's Adventures in Russia
Après la neige vient le froid

Après la neige vient le froid

Après la neige vient le froid

Ch'est beau un Kremlin tout enneigé !

Pour l'instant on a pas encore un mètre de neige, mais par endroits les 50-60 cm y sont ! Il a neigé sans interruption pendant deux semaines, puis on a eu une journée de soleil ma-gni-fique, mais glaciale (-18 en journée). Maintenant ça alterne, entre jours de neige et journées à environ -15. Bizarrement c'est très supportable, j'ai même parfois trop chaud dans ma grosse doudoune. J'ai surtout la mâchoire qui gèle, et les orteils aussi, malgré 3 couches de chaussettes et des chaussures chaudes; faut croire que quoi que je fasse le froid rentre, mais je vais voir pour arranger ça, j'aimerais bien rentrer avec tous mes orteils si possible T_T

Samedi 30 Novembre, journée de m*rde

Comment dire. Ce jour là, je devais prononcer un discours pour les Portes Ouvertes de l'Université. Je suis partie à l'heure, j'ai frotté mon œil, atteint d'une petite bactérie (c'est ça de ne pas dormir et de se frotter les yeux, mains propres ou pas), et en arrivant j'ai voulu boire un petit café. Et là, c'est le drame: impossible de trouver mon portefeuille dans mon sac, là où il est toujours. Je vide mon sac, toujours rien. J'ai essayé de ne pas paniquer, en me disant qu'il était peut-être tombé dans la chambre. Soit.

La veille, mon chat étant très malade, j'en prends des nouvelles auprès de mon chéri, qui m'annonce qu'il l'emmène chez le vétérinaire, ce dernier finissant par mettre mon Bidou sous perfusion, et entouré de bouillottes, parce qu'il était en train de mourir. MON chat. Qui fêtera ses 10 ans le 12 janvier, avec qui j'ai une relation fusionnelle, avec qui je parle, qui m'accueillait à la sortie du collège après les jours les plus difficiles pour me consoler, qui réclame toujours plus de câlins que je ne peux lui en donner, qui dormait avec mon chéri et moi. Je n'ai pas pu vivre avec lui pendant 3 ans, ça m'a brisé le cœur, j'ai pu me rattraper ces deux dernières années, et à nouveau le laisser pour la Russie. Mon Vaughan, mon Bidou.

Je vous laisse imaginer l'état dans lequel j'étais pendant les discours des représentants de l'Université. Sinon, je peux aussi vous le décrire, mains tremblantes, la gorge bloquée, les larmes aux bords des yeux. Je ne sais toujours pas comment j'ai fait pour prononcer mon discours, vu que mon souffle était presque coupé. Juste après, je suis sortie de la salle en coup de vent et je me suis effondrée en larmes, de fatigue, de bordel mon œil me gratte, de mon portefeuille manquant, de mon chat à 3000 km dans un état lamentable.

Je suis rentrée (j'avais encore ma carte de transport), j'ai retourné ma chambre, puis j'ai du me rendre à l'évidence: on m'a volé mon portefeuille. Et pourtant, je suis habituée de Paris, à jalousement garder mon sac près de moi. Oui, mais, je dors peu à cause du rythme de Sonia complètement différent du mien (elle dort souvent de 17 à 22h, puis travaille la nuit), et ma vie étant moins stressante en général j'ai du moins faire attention. C'est la première fois que ça m'arrive. Bon, l'avantage, c'est que j'ai tout de suite été rationnelle: même s'il contenait ma carte d'identité, mon permis et ma carte vitale, ce sont des papiers que je peux refaire en France. Je peux même lancer les procédures en Janvier, et récupérer le tout en juin, puisque je n'en ai pas besoin en Russie. J'ai tout de suite bloquée ma carte en envoyant un mail à ma banquière, qui a comme toujours été très réactive.

Sonia m'a gentiment accompagnée au poste de police se situant à côté du Village. Je comprenais en général ce qu'il disait, mais j'étais bouleversée et plutôt que de m'expliquer quinze fois Sonia pouvait traduire ce que disait le policier. Sincèrement, on était pas rassurées, la réputation de la police russe étant ce qu'elle est. Mais nous avons été accueillie par un quadragénaire doux et agréable, qui a été très patient avec mon écriture lente et cracra. Il nous a même offert un thé, non mais, énorme O_o.

Je lui ai dit ce qu'il y avait dans mon portefeuille, et j'ai décrit ce que je pouvais, c'est à dire:

-Le jeudi soir, je me suis baladée dans un centre commercial, et je me suis notamment acheté en dernier deux robes, payées avec ma carte. C'est la dernière fois que j'ai vu mon portefeuille.

-Je suis ce jour là rentrée en métro, plutôt vide, et j'étais contre la porte toujours fermée, donc personne n'a pu me voler à ce moment là.

-Le lendemain, en prenant le bus, par contre, il y avait foule. En plus, j'avais mis ma doudoune pour la première fois, et j'avais vraiment trop chaud, j'avais la tête qui tournait. Je n'ai rien vu de spécial mais je pense que ça s'est passé à ce moment là.

-De la journée du vendredi, je n'ai pas eu besoin d'utiliser mon argent, je n'ai pas vu mon portefeuille du tout. Le soir, je suis rentrée avec un gars de ma classe, et j'étais assise dans le bus, sac sur les genoux.

On a rempli des papiers, il a passé des coups de fil, m'a donné le numéro de l'agence de ma banque à Moscou si jamais j'avais besoin, et le numéro de son ami travaillant à la télévision, me disant que pour un prix assez élevé je pouvais passer une annonce télévisée, genre en sous-titres. Très gentil, je vous dis. J'ai ensuite accompagné Sonia acheter une doudoune, je n'avais pas vraiment envie de rentrer...

Après la neige vient le froid

Le Bidou

Après environ 700€ (ça plus les 300€ de taxe d'habitation de mon ancien appart', vive les économies) et plusieurs jours d'hospitalisation, mon chaton s'en est sorti. Il est horriblement maigre, a été très faible, et mon chéri a du plusieurs jours batailler pour le faire manger et lui donner ses médicaments. Mais il s'en est sorti, au moins pour le moment. J'espère qu'il va tenir jusqu'en Janvier, que je puisse le voir.

Oh et mon œil s'est vite remis.

La dégringolade

Après cette fameuse journée maudite du 30 novembre, les choses ont commencer à merder pas mal. Déjà, j'ai immédiatement déclaré mon sinistre à mon assurance, qui a un accord avec ma banque, vu que dans mon contrat il est indiqué que dans ce genre de situations qu'ils peuvent me fournir du liquide en quantité, au moins pour 3 mois. Le 4 décembre, j'ai envoyé un mail de relance, trouvant anormal de ne rien recevoir. Plus tard, vers le 12, j'ai essayé un autre service afin d'obtenir des codes me permettant de voie l'avancée en ligne de mon dossier. Service qui a gentiment transféré mon mail au premier, toujours silencieux. Aujourd'hui, le 17, j'ai à nouveau renvoyé un mail. En attendant j'aurais largement eu le temps de crever de faim sous un pont. Je trouve ça inadmissible, étant donné que je suis sans AUCUN MOYEN DE PAIEMENT ! Ça fait toujours plaisir de les payer à m'ignorer...

Heureusement, Antoine m'a prêté de l'argent, Sonia aussi. Valentina m'a proposé également, et une de mes prof ne m'a carrément pas laissé le choix et m'en a donné. Pour vous donner une idée, en deux semaine j'ai dépensé 50€. Oui, de nourriture et d'eau, tous les repas compris. Repas qui se sont fait rares: je n'avais pas le moral, pas faim, pas la motivation de cuisiner, et pas de viande du tout. J'ai sauté beaucoup de petits-déjeuners, et même de dîners quand j'avais un peu mangé dans la journée. Déjà que j'avais perdu du poids depuis mon arrivée, j'ai du perdre encore plus sur ces deux semaines. J'ai passé un temps incroyable sous la couette, à fixer le plafond, ou alors à lire les VDM en aléatoire, pendant des heures. Quand Vaughan, mon chat, a commencé à aller mieux, ça m'a aidé; mais j'étais incapable d'arriver à l'heure, incapable de me lever, j'ai fait un mini malaise sous ma douche une fois me convaincant de me recoucher (je dors encore moins qu'avant), bref, la belle m*rde.

Alors, ça vous parait surement exagéré pour un portefeuille volé, comme réaction. D'abord, il faut savoir que je suis maniaque sur certains points dans ma vie, dont l'argent: je suis une vraie Picsou, j'économise sans jamais dépenser plus que ce que je reçois, et je travaille même pour mettre de côté quand je peux. J'organise toujours tout à l'avance, j'ai un esprit très structuré pour ça, une vraie mécanique. J'ai besoin de contrôler. Du coup, ce genre d'événements, c'est comme si on me prenait tout mon contrôle d'un coup, en mode "Haha tu rigoles moins là". C'est très difficile à vivre pour moi. Du coup, je contrôle encore plus: je compte les sous que j'emprunte, quand je dis 300 roubles de dépense c'est 300 ou rien, par exemple. Je mange moins par déprime, mais aussi parce que comme ça j'ai à manger pour plus longtemps, je rationne, quoi.

En plus, je tenais au portefeuille lui même, acheté en Tunisie, véritable cuir: dedans il y avait un trèfle à quatre feuilles offert par ma mère, et un médiator offert par mon chéri, tous les deux n'ayant jamais quitté mon portefeuille, c'était mes porte-bonheur quotidiens. Il y avait environ 300 roubles dedans, c'est à dire à peu près 7€, c'est tout ce qu'a gagné mon voleur, ma carte étant bloquée. Est-ce que ça valait vraiment le coup de me faire ça, pas sûr.

J'ai été convoquée par la suite par la police du centre-ville, et là ça s'est beaucoup moins bien passé que la première fois. Déjà, j'étais seule. Deuxièmement, ils étaient très méprisants. Quand ils ont entendu la quantité de sous sur mon compte, ils ont ri, je pense qu'ils trouvent ça ridicule d'aller voir la police quand on est une "riche Française". La policière m'a demandé la marque de mon portefeuille, s'attendant à Vuitton ou Chanel. Bah, non, il vient d'un souk en Tunisie, il a coûté 7€, mais j'y tenais. Elle m'a posé des questions type "Mais vous faites quoi en Russie en fait, elles sont pas bien vos fac en France ?" ou "La Sorbonne ? HA" avant de noter seulement Faculté de Langues. Elle a aussi échangé des regards complices quant à mon accent et mes fautes, aggravées par le stress et son comportement. J'ai raconté la même chose que la première fois. J'ai pas vraiment espoir de retrouver mon portefeuille, mais bon... Peut-être quand la neige fondra, on verra bien.

La suite du Stage

J'ai arrêté de manger le midi, je n'avais ni de quoi me préparer un casse-croûte ni de quoi m'acheter des piroshki. Heureusement, Madame (Valentina), a commencé à me nourrir, de plus en plus, je crois même qu'elle s'est prise au jeu. Au début, elle partageait avec moi son butterbröt, puis elle a fini par m'en préparer un entier pour moi seule, en m'achetant aussi des sucreries. Elle a aussi commencé à m'appeler "daragaia", je pense qu'on peut le traduire par "très chère", mais c'est familier, pas du tout comme en français. Elle a vite enchaîné avec "kracotka", beauté.

En gros, j'ai une troisième grand-mère, hein. Elle voulait me faire des confitures, mais même mes propres grand-mères n'arrivent pas à m'en faire manger, alors. Du coup, elle me file des yaourts, m'achète des triougolniki quand on boit un thé... En ce moment, comme il fait froid, on boit le thé dès que j'arrive, elle veut que je me réchauffe. Donc en gros, je suis accueillie au "boulot" par un thé et de la bouffe délicieuse et offerte. Si c'est pas magnifique.

Après la neige vient le froid

Côté boulot justement, nous avons pris deux grosses semaines pour

- Mettre en page et finaliser le recueil de travaux scientifiques, dans lequel je suis publiéééééééééééééééééée hahaha, mon nom dans un bouquin !

-Traduire un article du russe au français dans l'optique de l'envoyer à un journal faisant partie du réseau SCOPUS, dont je parlait dans ma note précédente Et croyez-moi c'était pas de la tarte, vu la longueur et le manque de sens et d'idées des phrases. Treize pages à la main plus tard (eh oui, 71 ans Valentina, donc l'ordinateur, c'est pas trop son truc...), plusieurs modification, le texte est enfin prêt. Et là, la ****** qui l'a écrit renvoie des modifications. Comme si j'avais pas assez de refaire sa bibliographie et de placer les références là où il y à des citations.

-Du coup, traduction supplémentaire d'une intro plus ou moins vide de sens, et d'une conclusion pas meilleure. Youpidoupou.

-J'ai aussi dimanche reçu par VK (si si) un message de ma prof d'éco (si si apparemment c'est normal) me demandant de vérifier une traduction du russe à l'anglais. Ça va pu être WikiClara mon surnom mais Clara Translate je crois.

Les Cours

J'ai fini par donner des cours. Alors, la prof avec qui je les donne est, comment dire, particulière. Au début très fermée et peu souriante, elle a l'air de m'apprécier de plus en plus, et me dirige un peu moins, même si elle aime rappeler sa présence de temps à autre.

Pour le premier cours, avec des Troisième Années donc, elle m'a fait préparer deux articles sur les problèmes de la jeunesse en France, écrire 10 questions sur chaque et me démerder avec le tout en cours. Elle a rejeté deux de mes articles, un sur la Marche des Beurs et l'autre sur les discriminations envers les jeunes issus de l'immigration. Déjà, ça promettait.

Me voilà donc face à une classe de gens de mon âge voire plus âgés, que je ne connais pas, qui ne me connaissent pas, à jouer à la professeure (si si cette formulation est correcte) alors que ce n'est pas du tout ce que je vise comme métier. Bon, pas trop nerveuse, je me suis lancée, ils ont lu le texte (entre deux clics sur VK, eh oui je voyais les reflets de leurs écrans, et puis, moi aussi je suis une étudiante), et on ensuite magnifiquement imité le troupeau de paresseux, restant incroyablement silencieux alors que je les questionnais. J'ai du faire ce dont j'ai horreur : les interroger par liste de noms. On déteste tous ça, mais la prof m'a obligée, elle a l'air de détester les longs silences. Une seule étudiante était volontaire pour parler, et un au contraire y mettait vraiment du sien pour montrer que je le faisais chier. On a réussi à finir le cours, j'ai eu l'impression d'avoir pu leur expliquer quand même plusieurs choses.

L'un des étudiants m'a demandé s'ils étaient "terribles", sous-entendu affreux, mauvais en français. Au contraire j'ai trouvé leur niveau bon quand ils daignaient ouvrir la bouche.

Au deuxième cours, j'ai amené deux articles sur l'immigration. Déjà, ça a été la guerre: personnellement, en premier je pense à la discrimination, aux difficultés qu'a la France entre "Terre d'Accueil pour Tous" et "B*rdel on est en crise". Au contraire ma chère professeure voulait parler de difficultés d'assimilation, d'intégration, la vision des Français franchouillards de l'immigration quoi.

J'ai réussi à contourner le truc en lui proposant un article sur les chiffres (vous saviez que ceux qui ont le plus de difficultés à l'école en France, ce sont les Turcs ?), qui mettait l'accent sur le fait que les enfants d'immigrés s'en sortent mieux que leurs parents, mais pas aussi bien que les enfants nés de parents Français. Le deuxième parlait des nouveaux critères demandés pour devenir Français, comme parler français, avoir des connaissances de bases en histoire et culture française, et surtout respecter les valeurs de notre République.

La prof étant en retard, j'ai profité de son absence pour switcher en russe et expliquer mon point de vue aux étudiants, que moi aussi je préférerais parler musique, films, ou des sujets de société plutôt que ça, que non je ne veux pas être prof plus tard, et que PAR PITIE dîtes quelque chose sinon on va tous se faire engueuler. Je crois qu'ils ont apprécié ma sincérité. On a commencé le cours par des soucis informatique, donc pour combler on m'a demandé de parler de mon point de vue, ouh, bonheur. Je leur ai parlé de la complexité du problème, que l'immigration c'est aussi un super apport culturel, mais aussi des problèmes de "guerre" des religions, en leur demandant comment ça se passe ici; des problèmes de discrimination, du "Y'à un problème, c'est forcément les arabes", et de l'équilibre entre accueil et sécurité.

Nous avons ensuite lu les textes ensemble: une fois moi seule, bien pratique pour leur montrer par exemple les mots difficiles, puis, une phrase chacun en boucle. Je trouve qu'ils lisent le français mieux que moi le russe, franchement leur niveau est vraiment bon.

Bien sûr, y'à des petites boulettes, comme "décider un problème", le verbe pour décider et résoudre étant le même en russe, ou mon préféré "ils sont au fromage" au lieu de "ils sont au chômage". Définitivement mon préféré. Mais rien de grave, leur grammaire est bonne, quand on a discuté après ils avaient leur avis et me l'ont gentiment donné, ouf, pas de silence pesant.

Je prends goût à cette expérience, mais je me vois vraiment comme une élève partageant avec eux plutôt que comme leur professeur, c'est sûr.

Concours de poésie

La semaine dernière, à l'Université, était organisé un Concours de poésie française. Bien sûr, les starlettes française étant forcément conviées, Antoine et moi nous sommes retrouvés à faire un mini discours en français avant de faire partie du Jury. Ah, et, les participants avaient entre 4 et 12 ans, ou un peu plus. Du coup, je me suis retrouvée à parler en français à des petiots russes ne comprenant pas un mot de ce que je disais. On nous avait demandé pour l'occasion de lire un poème, alors j'ai choisi celui-ci:

Un sourire

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire,
Soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau

Après la neige vient le froid

Ça claque, hein. Sincèrement, j'avais bien besoin d'un message aussi positif.

En tant que Jury, je me suis occupée de petits d'environ 6 ans, qui m'ont déclamé des poèmes variant entre 5 lignes et Le Corbeau et le Renard (j'ai pas pu m'empêcher de le marmonner avec lui). Ils étaient tous très bien habillés, très sérieux, timides aussi mais qui ne le ne serait pas à cet âge là ?

Il m'a fallu les noter, eh bah c'était pas facile. J'ai été rassurée au moment de la distribution des prix, au minimum ils ont tous eu un chocolat, mérité d'ailleurs parce que c'était vraiment très chou. Certains ont essayé de mettre des intonations, parfois en totale contradiction avec leur visage sérieux, et d'autres ont tenté le numéro de charme en nous glissant, à une professeure et à moi, un regard attendrissant en donnant les derniers vers. Bien tenté quand même.

Nous nous sommes isolées pour décider du gagnant, qui fut une gagnante, une blondinette à tresses, avec Corbeau Renard en deuxième position ex æquo.

A la fin, les deux plus petits, qui étaient en première année donc devait avoir peut-être 3-4 ans, ont pleuré de ne pas avoir gagné. Est alors apparu la professeure avec qui je donne mes cours, chocolats en main, en leur arrachant la promesse de revenir. Je devais avoir l'air triste pour eux parce que moi aussi j'ai eu le droit à mon chocolat XD.

En bref, c'était très mignon, ça m'a mis du baume au cœur, on le refait n'importe quand.

Après la neige vient le froid

Traditionnelles nouvelles diverses

¤Après deux semaines de déprime (aussi dûes au manque de contact physique avec les gens que j'aime, première fois dans ma vie que je les serre pas contre moi pendant aussi longtemps), de non-bouffe ou du moins de très-peu-bouffe, j'ai pu me peser, et vérifier ce que je pensais: j'ai perdu beaucoup de poids depuis que je suis arrivée. Plus exactement, 4-5 kg, alors que j'étais déjà fine en partant. D'après l'OMS, je suis officiellement dans la catégorie sous-poids; mais je me sens bien, et je sais qu'en Janvier m'attend un festival de plats français prêts à me rendre mes kilos, surement avec intérêts. Pas d'inquiétudes de ce côté là, j'ai l'air un peu squelettique, mais c'est temporaire. Eh puis, ici, pas de plats préparés bourrés de sirop de glucose, c'est sûr que ça aide.

Niveau moral, ça commence à aller mieux, j'ai passé le cap du vide intérieur temporaire, donc maintenant tout va aller mieux. Mais oui, je suis habituée.

Après la neige vient le froid

¤Comme je le disais en début d'article, il fait froid, mes mains commencent à bien sécher, mais c'est encore très supportable, je ne me transforme pas encore en glaçon. Il fait surtout froid dans la chambre, en fait. Heureusement, j'ai enfin trouvé un micro-ondes pour réchauffer ma bouillotte ! Il y en à un dans la pièce de sécurité au Rez-de-Chaussée, que se partagent successivement trois personnes, une par jour: un mec qui ressemble et qui parle comme le puceau no-life à tendance sociopathe-psychomaniaque, et deux adorables grand-mères qui m'aiment bien. Du coup, deux jours sur trois, je descends avant de me coucher pour réchauffer Haldir, bouillotte peluche de son état. Qui sur cette photo réchauffe un chat qui fait la gueule mais qui en fait a pas bougé, c'était trop chaud et trop confortable !

¤Mon quotidien va grandement s'améliorer; non, l'assurance n'a pas ressuscité, ce serait trop beau. Par contre, Sonia a reçu sa bourse, qui est d'un montant honteusement énorme, ce qui fait qu'elle m'a proposé de me donner directement une grosse somme plutôt que je mendie de petites sommes à chaque fois. Du coup, j'ai demandé beaucoup: je compte manger, mais cette fois avec de la viande, des yaourts, et des petits-dej; mais aussi rembourser ma prof et Antoine, pour ne devoir de l'argent qu'à une seule personne, dans ma tête c'est un schouilla plus acceptable; et enfin acheter les cadeaux qu'il me reste à acheter avant de rentrer, d'après ma liste (oui, un peu comme le Père Noël, haha). J'en achèterai d'autres en revenant, quand j'aurai une nouvelle carte. Sonia a accepté de me donner cette grosse somme, en sachant que ce sera en roubles, et que j'aurai carrément trop, donc je compte lui en rendre un peu avant de partir en France. Mais je préfère lui demander beaucoup et lui rendre que devoir revenir mendier plus tard. De toute manière je lui rendrai tout dès que je rentre en Russie.

Même si de toute manière je ne suis pas tranquille avec tout ça, je déteste demander de l'argent, je ne supporte pas de devoir dépendre de quelqu'un d'autre. Bien sûr, tous les mois je peux vivre grâce à l'argent de mon père, mais c'est pas pour ça que ça me plait.

Du coup, dès demain, tout va s'arranger. Et si jamais mon assurance se réveille avant mon départ, je pourrai directement rembourser Sonia, et ne devoir de l'argent qu'à mon assurance. Ce serait idéal. Mais bon.

¤Donc, je rentre en Janvier, pour deux semaines, pendant lesquelles un tatouage est prévu :)

¤Demain je vais à l'Alliance Française pour discuter du Noël Français qui a lieu là bas samedi prochain, auquel je vais participer, je pense. D'abord parce que des gosses qui ouvrent des cadeaux, même quand on les connait pas, c'est toujours chouette, et puis pour rencontrer des apprenants. Bien sûr je vais aussi rencontrer ceux avec qui je vais effectuer mon stage au printemps, c'est aussi un plus.

¤Les Russes ont des poussettes-luges. Parenting, nailed it.

¤J'aurais voulu vous parler du système nom-prénom-patronyme, mais j'ai le temps, je ferai ça une prochaine fois, et tant pis si ça n'intéresse que moi :p

¤Diliara m'a offert en cadeau du Nouvel An trois pièces de 25 roubles de la monnaie spécialement frappée pour Sotchi :D

¤Annia m'a donné des piroshki que sa grand-mère a fait, et en fait, j'ai découvert que ce qu'ils appellent l'oignon vert, bah c'est des poireaux, en fait. Si quelqu'un a une explication, je prends. Fin ça change rien, c'est miam !

¤Un Antoine bourré est venu me mettre du dentifrice dans les cheveux une nuit, j'en reparlerai. Au moins, maintenant, Sonia ferme la porte à clef la nuit.

C'est tout mes ptits choux, mangez bien vos raclettes, restez au chaud et à bientôt !