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Viallou's Adventures in Russia
Viallou's Adventures in Russia
Rapport au bout de deux mois au front

Rapport au bout de deux mois au front

Rapport au bout de deux mois au front

Bonjour à tous !

Ça fait un sacré bout de temps que je n'ai pas mis à jour mon blog, mais en même temps je n'en ai pas trop eu le temps...

Alors essayons de remettre les choses dans l'ordre, shall we ?

La paperasse pour le départ

Alors, si je ne vous l'ai pas déjà dit, pour entrer en Russie il faut un visa, obtenu grâce à une invitation. Impossible d'entrer comme dans un pays Européen juste en traversant la frontière.

Donc, au début j'ai reçu une invitation pour venir en Russie le premier octobre. Or, la personne nous prenant en charge sur place, Valentina Nikolaevna (ci-dessous nommée la Reine) m'avait déjà dit qu'ils accueillaient les étrangers à partir du 15 septembre. J'ai donc pesté pendant une semaine, et pouf, j'ai reçu une deuxième invitation, pour le 15 septembre cette fois, Yessss.

Après avoir fait mon passeport (pour 86 € sacrebleu, payable en timbres fiscaux, chose dont je n'avais jamais entendu parler auparavant, en gros ça s'achète au tabac, si si, des timbres qu'on ne trouve pas à la poste merci la logique -_-), je me suis rendue au VHS, Visa Handling Service à Paris, avec en poche le-dit passeport, l'invitation, un test prouvant que je n'ai pas le Sida, une attestation d'assurance et tout mon bon karma. Quelques péripéties plus tard (pour l'assurance il faut l'attestation ORIGINALE, une copie ne suffit pas), et après de génialissimes vacances, j'y suis retournée pour obtenir le précieux visa, joliment collé sur mon passeport.

J'ai bien crapahuté, j'ai galéré, j'ai probablement accumulé du mauvais karma en pestant et jurant, mais j'ai fini par tout avoir, et j'ai donc acheté un billet de départ.

Ze grand Voyage

Me voilà donc à faire mes valoches, 23 kg en soute, 15 en cabine (et croyez moi quand on part 9 mois on veut TOUT emmener donc c'est DIFFICILE de choisir), et direction Paris CDG. Mon vol était prévu à 23h35 avec une escale à Moscou, arrivée à 8h20 heure de Kazan.

J'ai vraiment eu le coeur brisé de partir, parce qu'avec ma famille réunie à l'aéroport (enfin mon père, sa compagne et mon chéri, ma petite soeur ne voulant pas, trop difficile), passer les barrières a été vraiment dur. J'avais à la fois hâte de partir et les jambes qui flageollaient, après tout, 3000km c'est un peu beaucoup. Et puis, c'est l'inconnu, je montais dans un avion pour vivre je ne sais pas où pendant 9 mois avec des gens différents, une culture différente, une putain de langue différente, et ainsi de suite.

Bref, j'avais bien peur, sincèrement. Je suis connue comme une fille courageuse, mais en fait c'est surtout une façade, à l'intérieur je flippais comme une gamine à qui on enlève son doudou. Adieu la sécurité, les gens que j'aime, tout ce que je connais...

Bien sûr, j'ai finis par y monter, dans ce damned avion. J'avais retrouvé Antoine sur le chemin, donc nous (avec mon vieil eastpak de collège que j'avais bien fait de conserver) sommes partis pour un relativement court voyage en avion, où on a servis une collation. Je n'ai rien pu voir de Moscou à part son aéroport: le temps de récupérer les valises et de les réenregistrer (pas chiant du tout...) il fallait déjà embarquer.

Le deuxième voyage a été un peu plus facile, je commençais à me détendre, mais n'avais aucun contact avec ma famille, et ça, j'avais un peu de mal, quand même.

Arrivée à Kazan, les premiers jours

Bon, on a fini par atterrir, quand même, à un moment. Changement de décors immédiat: l'aéroport de Kazan est assez petit, surtout comparé à Moscou et Paris.

Sur place, lorsque nous sommes sortis après avoir récupéré nos valises, nous avons été accueillis par un étudiant, Arthur. Très gentil, ils nous parlait français et russe. Ça a été un sacré choc; oui, bien sûr, merci, je suis au courant, en Russie, ils parlent russe; mais je n'étais pas préparer à n'entendre que ça dès le départ, surtout que mon niveau était assez catastrophique, et je ne m'étais pas du tout entraînée.

J'ai du sortir une ou deux phrases maximum, par contre j'ai beaucoup écouté Antoine, Arthur et son père discuter: faut bien s'y faire. Ils nous ont amenés au Village Universitaire, à l'autre bout de Kazan, que j'ai donc plus ou moins découvert: j'ai vu des policiers à l'air très mauvais secouant leurs matraques, des maisons en bois, des énormes HLM un peu partout, et je me suis pas mal interrogée sur la caméra du père d'Arthur, placée à l'avant de la bagnole, filmant le chemin. J'ai plus tard appris qu'il s'agissait d'une aide pour quand les policiers arrêtent les usagers de la route sur de faux prétexte, ça sert de preuve. Charmant.

Rapport au bout de deux mois au front

Le Village Universitaire

Découverte

Nous avons donc passé la sécurité à l'entrée du Village, avant de nous diriger vers le bâtiment 3. Là, Arthur a longuement palabré avec les administrateurs du coin pendant que je les regardais, les sourcils froncés, concentrée sur ce qu'ils disaient mais sans comprendre. J'ai signé quelques papiers, je ne sais même pas ce qu'ils disaient...

Puis on nous a montré nos chambres, la 716 pour moi (au 7e étage, mais comme le premier est le RDC, c'est l'équivalent du 6e chez nous, même si cette précision est inutile: j'ai un ascenseur, je me fous de mon étage) et la 714 pour Antoine. Ma chambre est grande, comprend 3 lits, 3 armoires, 3 tables de nuits... La maison des ourses de Boucles D'Or quoi, vide, et avec des draps juste sur mon lit. Nous étions dimanche matin, et je me suis directement couchée : je n'avais pas vraiment pu dormir dans l'avion. A mon réveil et après avoir découvert avec bonheur qu'ils connaissent l'eau chaude, j'ai parlé avec Antoine qui avait trouvé le centre. Pas très rassurée pour demander, enfin plutôt sachant que je ne pourrais pas comprendre la réponse, je suis partie me balader à l'instinct. En gros j'ai surtout fait une grosse partie de la ligne de tramway. J'avais déjà retiré de l'argent, heureusement le taux de change est largement à notre avantage, comme je l'ai déjà expliqué.

Après quoi j'ai fait des mini courses histoire de pouvoir manger. Donc, ici, les nouilles instantanées, c'est pas terrible terrible. J'ai rencontré Amine en cuisinant, c'est un Iranien très très sympa, le plus vieux de l'étage qui du coup est un peu le papa de tout le monde. Il m'a tout de suite prise sous son aile, corrigeant mes (nombreuses) fautes à l'oral, m'expliquant comment avoir le wifi, etc. Aujourd'hui il a changé de cuisine, mais je suis toujours contente de le croiser !

KPFU et ma Reine

Le lendemain, à 9h tapante, je rejoignais Arthur pour qu'il nous montre le chemin pour la Fac. Donc nous avons marché 20 min jusqu'au métro, où il m'a donné un jeton. Si si, un jeton. C'est comme ça que ça marche, on achète un jeton et on la met dans la machine, je trouve ça mignon. Dix minutes plus tard nous étions sur la Plochad Toukaya, mon nouveau Paris Saint Lazare, en gros: là on a accès à la Rue Baumann, piétonne et très touristique mais aussi au Koltso, mon nouvel Italie 2, le centre commercial du coin.

Dix minutes à pieds, et pouf nous voilà à l'Université Fédérale de Kazan, Faculté de philologie. Si je précise c'est parce que cette université est divisée en facultés (droit, économie, philologie...) elles-mêmes situées dans des bâtiments différents, pretty cool. Donc, dans le mien, que des étudiants en langues.

A 10h, nous avons rencontré Valentina Nikolaevna. C'est une dame âgée de presque 71 ans, et toujours en poste s'il vous plait. Elle nous parle uniquement en français, plus parce que ça lui plait que pour nous aider, je crois !

En tous cas elle est très gentille, bien qu'un peu étrange: elle machouille son appareil dentaire constamment, elle s'approche toujours en ignorant le principe d'espace vital... Elle nous a expliqué qu'on commencerait les cours le lendemain, qu'elle allait régler les affaires administratives avec le Service des Relations Internationales mais qu'ils fallait quand même qu'on y passe. Ça tombait bien, il fallait que je leur fasse signer une attestation de présence pour déclencher le versement de la bourse.

C'est donc ce que nous avons fait, rencontrant au passage Roustam, un aspirant en master très efféminé qui vit au 3e étage de notre bâtiment. Il nous a aidé à remplir de nouveaux papiers auxquels je n'ai rien compris, mais bon, j'ai signé. Puis, de retour sur la rue Baumann, Arthur nous a aidé pour acheter des cartes SIM presque uniquement pour internet, ce qui m'a permis de contacter mon chéri, avec bonheur, avant de faire un joli malaise en plein milieu de la rue. Je l'ai senti venir donc je m'étais assise, mais j'ai bien cru que j'allais m'écrouler, pâle, la tête qui tournait comme si j'avais bien trop bu, toute tremblante. Je pense que c'était la pression, le stress, la peur, tout d'un coup m'est revenu... Mais un bon McDo y a remédié assez rapidement.

Puis nous sommes rentrés, et j'ai pu me poser un peu. Je commençais déjà à aimer ma petite vie toute seule, à ne m'occuper que de moi, pour changer. Je reviendrai sur ma vie au Village, soyez patients !

Les cours

Psychologie ?!

Mardi, 9h, rendez-vous avec Roustam au premier étage ( le rez-de-chaussée quoi) pour retourner au Service des Relations Internationales finaliser notre inscription, avant de nous diriger vers la fac pour notre première de cours qui était la psychologie.

En effet, comme Valentina Nikolaevna nous l'avait expliqué, nos camarades vont très certainement devenirs profs de français; une bonne partie de leur cursus a une visée pédagogique, comme notamment le stage en école que nous allons effectuer en décembre. Autant vous dire que ça ne m'intéresse pas du tout de devenir professeur, et surtout ça n'a rien à voir avec mon cursus initial choisi en France, Langues Etrangères Appliquées Affaires et Commerce. Ce point m'embête encore aujourd'hui.

Donc, nous sommes arrivés en retard, vu que nous étions au SRI, déjà un mauvais point. Nous nous sommes assis, je n'ai même pas regardé les étudiants, je les ai juste entendu expliquer à la prof que nous étions Français et serions là pour l'année. Puis elle a repris son cours, alignant calculs sur calculs à l'aide un tableau, bref sur le moment je n'ai rien mais RIEN compris. On arrivait au milieu d'un truc visiblement, pour lequel j'ai depuis eu toutes les explications nécessaires.

De plus la prof s'est approchée pour nous dire de ne pas rester là bêtement à la regarder mais qu'il fallait écrire pour faire comme les autres étudiants. Ecrire quoi et pourquoi, pffuit, je ne savais pas, mais j'ai recopié son fioutu tableau à la con. J'ai bien fait il m'a bien servie plus tard !

Et là j'abandonne le mode chronologique, la suite étant simplement des jours qui se suivent avec des cours, des cours, des devoirs, beaucoup de devoirs, quelques soirées et d'autres plaisirs que je détaillerai plus tard.

Des fois, je voudrais sortir de ce cours en claquant la porte. Je veux dire, une fois, elle a clairement dit (si si j'ai redemandé pour être sure d'avoir compris) que quand l'homme est plus intelligent que sa femme, c'est positif pour le couple, mais l'inverse est négatif ! De une, jolie mentalité, et de deux, on envisage pas que les deux soit équivalents. Et ça se mesure comment, au fait ?

Ou alors, la prof nous explique que quand la mère se lève la nuit pour son gosse (...), cela crée un lien particulier qui l'éloigne de son mari, celui ci allant donc voir ailleurs. Bon, passons là dessus... Sa solution pour ramener un lien entre les deux adultes ? Que le père se reconcentre sur l'enfant. Ce qui, déjà, devrait être naturel, c'est un peu son enfant aussi quand même. Et se concentrer sur son rôle de parent, je ne suis pas sûr que ça aide vraiment un couple...

Au cas où vous vous demanderiez, bien sûr, oui, on ne parle que de familles père-mère-enfant naturel, hein. C'est la Russie, quand même.

C'est aussi un cours dans lequel on fait des dessins et des tests étranges pour déterminer notre type psychologique. La première fois j'ai obtenu celui de Lady Diana (YAY) qui est également celui d'Adolf Hitler (NAY), la deuxième fois celui de Bill Gates. Je sais pas trop quoi en penser XD

Les autres cours

J'ai quelques matières en russe mais la plupart sont en français et en anglais.

Informatique

Autant commencer par les pires. Moi qui suis une vraie geekette, qui adore tout ce qui à trait aux technologies, je déteste ce cours. C'est simple, déjà, il faut imaginer que l'ordinateur et les logiciels sont tous en russe. C'est normal, mais déjà, ça fout un peu la merde quand je cherche quelque chose de précis sur Word ou PIRE Excel. Le test sera heureusement en anglais pour moi...

Autre chose, ce qu'on fait est complètement stupide et inutile. Du moins, pour moi. Il faut toujours que je me rappelle que les étudiants ici étudient la pédagogie, ce qui donne une dimension particulière à nos travaux. Par exemple, nous devions faire un podcast et l'envoyer via le site Podomatic à la prof. Bien sûr, il fallait faire comme si ce podcast était destiné à des enfants. Chose à laquelle je n'avais ABSOLUMENT pas pensé, et du coup j'ai été à côté de la plaque. Je précise que la prof a l'habitude de ne rien expliquer. Quoique, au bout de mon énième crise de nerfs en français et après plusieurs "je n'avais pas compris" en russe, elle se met enfin à m'expliquer clairement ce qu'elle veut.

Autre chose à laquelle on ne pense pas: le clavier. Je ne parle pas du cyrillique, que je commence doucement à maîtriser. Mais quand je passe aux lettres latines... c'est avec le clavier qwerty... Ce qui fait que je peste constamment pendant ce cours, parce que je dois constamment switcher le clavier, parce que j'oublie que c'est pas azerty et mes phrases ne ressemblent à rien, parce que je ne trouve pas la combinaison pour faire tel ou tel symbole (les différentes combinaisons pourraient être de couleurs différentes franchement, une pour le qwerty une pour le cyrillique), parce que Word m'engueule en russe...

Heureusement la prof ne parle pas français, même si elle doit entendre dans ma voix que "PUTAIN DE MERDE" ne veut pas dire "JOLIE FLEUR" dans sa langue.

Anglais

Que dire ? J'ai une Barbie passée sous UV botoxée comme prof, son visage est aussi figé que la momie de Lénine. Mais elle est plutôt sympa, elle a vite compris que je me fais profondément chier pendant son cours donc elle me laisse aider les autres quand je suis censée préparer un discours, elle sait qu'il est prêt dans ma tête.

Leur niveau d'anglais est en général assez bas, et même quand ils connaissent les mots, leurs phrases sont bourrées d'erreurs. Mais du coup, je suis utile au moins dans une matière.

Civilisation Anglaise

Je n'ai eu que très peu de cours dans cette matière, à propos de l'Australie. Rien de bien passionnant sans être aussi ennuyeux que d'autres cours.

Traduction Anglaise

Oh bordel. Vous avez déjà essayé de traduire une langue étrangère vers une autre langue étrangère ? C'est à en faire exploser les boulons de mon cerveau. Imaginez: la prof donne les devoirs presque du jour pour le lendemain, 25 micro-textes, puis on corrige en cours, elle explique en russe, puis en anglais (enfin elle essaye son niveau est catastrophique), puis j'en parle en français avec Antoine. Pfuiiiit, mon cerveau fume.Je mélange souvent toutes mes langues, je lance des phrases anglo-russo-françaises, c'est affreux.

De plus cette prof adore tester mes connaissances vu qu'elle a remarqué que je lisais beaucoup. Sauf qu'être constamment testée est loin d'être agréable, elle me gave.

Civilisation Française

Hmm en gros on a écouté les musiques qu'Antoine et moi avions sélectionné en français, on a regardé des courts-métrages, et il y à aussi eu cours avec un texte sur la linguistique (en russe cette partie là, rien compris).

Phonétique Française

Cours assez surréaliste, où la professeure dit "santé" au lieu d' "à vos souhaits", où on écrit à propos des différentes positions de la langue au moment de prononcer des mots en français... Bref, étrange.

Traduction Française

Vous ne me croirez peut-être pas, mais c'est l'un des cours les plus difficiles auxquels j'assiste. Ça fait presque quinze ans que mes camarades étudient le français ! Et moi 5 le russe, donc 3 en tant que ma 3e langue ! Je n'ai absolument pas le niveau ! Surtout que Traduction signifie vers le russe... C'est très compliqué et très technique, et je suis un peu larguée.

Analyse de Texte en Français

Ce cours est également difficile puisqu'à toute question, quand les autres répondent en français, je réponds en russe. nos contrôle sont également différents, les miens étant je trouve plus facile et surtout avec plus de russe à écrire, ce que je trouve très bien et enrichissant.

En Bref

C'est visible, c'est clair,mes cours ne correspondent pas du tout au cursus que j'ai choisi en France. Les matières, les niveaux, rien ne correspond, et ça m'emmerde, littéralement. Je ne veux pas que mon diplôme ne signifie rien parce que ma troisième année j'aurais eu des cours farfelus. Du coup je pense demander aux élèves restés en France ou à leurs profs les cours, directement, juste pour les lire mais avoir au moins une idée de ce qu'il faut vraiment faire pour finir cette licence...

Rapport au bout de deux mois au front

Les amis

Rencontre

A la fin du premier cours que nous avons eu, une bande de filles pétillantes se sont jetées sur nous pour nous demander nos prénoms, et nous emmener à la cafétéria. Plus tard en en reparlant Antoine et moi avons suspecté qu'on leur avait demandé de venir nous voir, ce qui s'est révélé être vrai; mais la suite, c'était leur choix. Après avoir discuté du mieux que je pouvais, elles nous ont invité à nous balader avec elles le lendemain pour nous faire découvrir la ville, ce qui est drôlement chouette ! Et j'en parlerai plus tard.

Description

Donc, mes amies. Elles sont une dizaine je pense, et elles se connaissent depuis l'enfance, ayant grandi ensemble. Il y à Azalia, Annia, Ksiusha, deux Macha, Katya, Marina, Diliara, Polina, Nastia, un garçon Sacha, et Aliona. Pour certains ce sont leurs prénoms et d'autres juste leurs surnoms, qu'ils m'ont directement donné.

Elles sont toutes très souriantes, elles m'aident aussi beaucoup, en russe ou dans toutes les autres matières, elles nous invitent quand elles font des fêtes, et je ne sais pas pourquoi mais je les fais beaucoup rire ! Elles parlent toutes français plus ou moins bien, elles l'étudient depuis une douzaine d'année ! Je ne fais pas le poids en russe.

Azalia est une tatare châtain avec un piercing sur le nez, toujours très bien habillée, qui a une peluche anti-stress nommée Bob qu'elle adore.

Annia est une grande blonde sèche qui adore parler français et qui a toujours des questions de langue à nous poser.

Ksiusha est une danseuse avec une histoire d'amour à s'en fendre le coeur, avec une voix basse et qui est très drôle.

Macha P, grande brune bien habillée rit à pratiquement tout ce que je dis ! L'équivalent de notre "zut", ici, c'est "blin", qui est le singulier de "blini", les crêpes chez nous. Du coup qu lieu de dire "blin !" comme eux, je dis "crêpe !" juste pour qu'elle se marre.

Macha B porte des lentilles avec des pupilles dilatée, elle a tout le temps l'air high, ce qui n'aide pas à la considérer sérieusement, puisqu'elle a une voix et un rire de petite fille.

Katya est une blonde pleine d'humour et de culture qui parle plutôt bien anglais, surtout comparée aux autres.

Marina vit avec elle, petite blonde avec un accent impeccable en français, c'est la seule du groupe à être venue chez nous. Elle est plutôt effacée.

Diliara est une tatare pure sang qui le revendique, petite brunette qui est l'équivalent du délégué de classe, et qui adore son chien.

Polina est une rousse exubérante qui travaille à l'université, où elle met en place toute manifestation s'y déroulant. On s'entend extrêmement bien !

Nastia est une petite brune qui adore contrefaire sa voix en jouant sur les sons quand elle parle, un peu comme un personnage de manga, ce qui est assez drôle. Sûre d'elle, je n’essaierais pas de lui marcher sur les pieds !

Sacha est un brun geek (un brin geek haha) avec une voix de barriton qui connait Fatal Bazooka et toutes nos autres merdes françaises, qui connait aussi très bien l'anglais, parfois très utile.

Aliona est une brune pétillante qui aime me faire des sourire en classe ou inventer un théâtre de ses doigts au dessus de mon ordinateur, et qui veut me cuisiner des pelmenis.

En cours nous sommes soit tous ensemble soit divisés en deux groupes de pratiques, ce qui fait que nous ne sommes pas très nombreux la plupart du temps.

Comme je ne comprends rien à certains cours, encore aujourd'hui, ils me les envoie, et en échange je leur envoie ce qui est dicté en anglais ou en français.

Le choc des mentalités

L'une des premières différences que j'ai noté entre nos modes de fonctionnement, c'est qu'ici, le modèle "l'homme est supérieur" est encore assez présent. Déjà, les hommes sont peu nombreux dans cette ville, aussi dans toute la Russie, d'après mes restes de cours de première année. Ici les hommes meurent assez souvent de manière brutale, d'accidents de voiture, de bagarre d'ivrognes ou de suicide. Ces messieurs sont donc une denrée rare autour desquels gravitent ces dames. Ici, quand un homme est pris, il peut être mal vu de juste PARLER à une autre fille. De même dans l'autre sens si ce n'est plus, même faire la bise à un garçon est difficile si la fille est prise. J'ai rencontré un Russe qui voulait me parler sur Vkontakte, le Facebook local, pour découvrir l'Europe. Quand il a vu la photo de mon blondinet sur mon profil, il a reculé d'un pas et m'a demandé si ça ne le gênerait pas. J'adorerais le voir ne serait-ce qu'essayer de m'interdire de parler à un garçon... Je suis une personne à part entière, et pas soumise pour un sou !

J'ai aussi remarqué que les filles sont très très romantiques, qu'elles adorent les coeurs, les fleurs, être courtisée, etc.

Là il faut peut-être que je précise: j'ai un peu du mal avec ce genre de choses, que ce soit en Russie ou en France. Ce modèle de rose, petits coeurs, et que je papillonne des yeux, et je me justifie auprès de mon home pour tout, et que j'aborde un problème en pleurant, tout ça, j'ai du mal. C'est mon avis, ma pensée, je peux comprendre que ça paraisse sec et froid, mais je peux aussi être très romantique, simplement je ne pense pas que le modèle "Saint Valentin" me convienne en termes de romantisme.

Les filles que je connait ici vouent un culte au mariage. Quand on est passées devant une fille en robe de mariée, toutes ont soupiré d'envie. Sur Vkontakte elles partagent souvent des photos de mariage, certaines plus que d'autres bien sûr mais ça me perturbe quand même un peu.

Même si j'envisage de me marier un jour, ce n'est pas le but ultime de ma vie, ce n'est pas ce à quoi je pense constamment, et, bon, je suis plutôt le genre agoraphobe, qui a du mal avec seulement 40 personnes autour. Si je pouvais me marier à Bali, rien que nous deux et basta, ce serait le rêve !

Concernant les homosexuel(le)s, nous avons abordé la question dès le 3e jour, avec tact et amour, je ne voulais pas voir débarquer la police ! ^^ Au final les avis sont probablement tout aussi variés que chez nous, de "j'ai aucun problème avec ça voire je les soutiens" à "c'est contre nature" avec toutes les nuances possibles. De même concernant les jouets pour garçons et ceux pour filles, débat lancé par une professeure de français un lundi soir. Ce que j'ai trouvé très intéressant, c'est que celle s'opposant le plus à l'homosexualité et à la non séparation des types de jouets... s'habille très souvent de manière dite "masculine". Ce qui prouve que l'éducation et ce qu'on apprend par coeur ne correspond pas forcément à ce qu'on aurait pensé si on en avait eu le choix.

Cette même personne m'a plus tard dit que s'asseoir sur le sol froid est mauvais pour les organes sexuels féminins. J'ai répliqué que c'était l'excuse dans certains pays pour empêcher les femmes de conduire, mais ça a fait plouf.

Les soirées

Donc, depuis mon arrivée, j'ai eu l'occasion de faire la fête dans les différents appartements des filles, mon Village Universitaire fermant entre 23h et 6h c'est assez compliqué.

Déjà, non, ils ne boivent pas plus que nous, j'aurais même tendance à dire qu'ils boivent carrément moins, ce qui m'attriste un peu des fois.

J'ai assisté à une crémaillère, et nous sommes également allés deux fois en boîte, en ayant fait la fête chez elles avant.

Comment dire. Avant d'aller en boîte, elles jouent aux jeux de société. C'est chouette, hein, seulement pas dans l'ambiance pour moi. Chez moi, on a plusieurs types de soirées : les soirées posées où on peut effectivement se retrouver à jouer aux jeux de société, les soirées jeux vidéos, et les soirées biture. A choisir, si on dit qu'on boit avant d'aller en boîte pour éviter d'y acheter à boire, le but étant d'y arriver un peu éméché, les jeux de société rentrent pas dans l'équation.

Même si c'est fun, hein, j'aime bien, c'est le mélange des genres que je trouve étrange.

D'ailleurs, elles ont leur propre version des Loups Garoux de Thiercelieux, et c'est Mafia. Oui, je sais, c'est drôle, un jeu Mafia en Russie. Et c'est sympa^^

La boîte, ensuite, enfin la seule dans laquelle nous soyons allés jusque là c'est le Coyote Ugly. Après avoir payé l'entrée et donné nos manteaux au vestiaire, on entre dans la grande salle. Là, il y à un très grand bar, au dessus duquel sont suspendus des dizaines de SOUTIEN-GORGES, sous lesquels danses des COYOTE GIRLS qui miment des ACTES SEXUELS toutes les 6 ou 7 chansons.
Voilà, les mots en majuscules résument le tout. Ah, et toutes les filles peuvent monter sur le bar danser quand elles le veulent. Uniquement les nanas. J'ai essayé, c'était fun, mais c'était surtout la dernière fois que je le faisais, il suffit de voir le regard des hommes alignés devant le bar... Ça calme.

La musique oscille entre la musique de soirée (pas de boîte, hein, de soirée), la musique russe populaire et le hard rock. Si si. Après Mr Saxobeat on peut avoir du Nirvana, je m'y fait pas. On m'a dit que c'était ce genre de club, bien sûr, et j'adorerais y passer des soirées en semaine, mais c'est pas une boîte, quoi.

Rapport au bout de deux mois au front

Découverte de Kazan

Comme je le disais plus haut, les filles nous ont emmenés visiter Kazan le 4e jour. Nous avons donc parcouru l'intégralité de la rue Baumann, de la Poshad Tukaya jusqu'en dessous du Kremlin. Cette rue est vraiment superbe, elle est très colorée, avec des bâtiments dans le style ancien, vraiment, j'adore. C'est vraiment une très belle promenade à faire.

Quant au Kremlin, c'est très sympa: il y à la Mosquée que j'ai inclue ici, le bâtiment même est joli, il y à une église orthodoxe pas loin, de mémoire, et le Kremlin abrite également le Musée de l'Ermitage, où je suis allée voir une exposition sur l'Impressionnisme Français avec la classe. Très chouettissime.

Oh, une chose amusante, pour le métro, on utilise des jetons, qu'on met dans la borne du tourniquet ! C'est super mignon !

Ici tout s'achète au mois : chaque mois je remplis mon crédit téléphone grâce à une borne, je remplis ma carte de transport à l'aide d'une autre borne, je paye des cartes qui me permettent de déverrouiller le wifi... En gros pour commencer un abonnement on parle à une personne, après ce sont des bornes qui prennent le relais.

Ici on a un Auchan, un Décathlon, un Ikéa des centres commerciaux à n'en plus finir, une quantité phénoménale de sacs à mains, et plein de petites cabounettes pour imprimer, scanner ou copier des documents.

Les prix

Hmm, comment expliquer ? Je pense que quelques exemples seront parlants: Cigarettes, 1.75€ le paquet; Aller-retour Moscou 63€; KFC 5€; 2kg de patates 0.75€; etc.

Tout va bien pour moi, en gros.

La culture

Kazan est la capitale du Tatarstan, en Russie; ce qui signifie qu'on y trouve ces deux cultures. Je ne connait pas très bien la culture russe, je pense qu'elle est plus visible à Moscou. Concernant la culture tatare, je peux dire que j'adore leur cuisine, composée de sortes de tourtes pleines de viande/poulet/patate/chou/riz et autres avec différents assortiments, disponibles dans les boulangeries ou faisable en plus gros format chez soi.

J'ai également pu découvrir la culture locale lors du spectacle universitaire organisé par Polina: j'y ai vu des danses tatares, très proches des danses turques, et un chant russe très mélodieux et avec des tonalités presque arabes.

Encore et toujours de la paperasse

La Spravka

Afin d'être autorisée à vivre au Village j'ai du obtenir la Spravka, un papier qui dit que je ne suis pas dangereuse pour la communauté. Même si ça faisait déjà un mois que je vivais là. Fin bref. Je suis donc allée à la polyclinique du coin, où personne ne parle anglais évidemment, donc je vous raconte pas le bordel. J'ai réussi à faire comprendre ce dont j'avais besoin, j'ai donc passé un scanner des poumons le premier jour, après quoi on m'a dit de revenir le lendemain chercher les résultats mais aussi faire une prise de sang. Le lendemain, 40 personnes et moi attendions pour cette fameuse prise de sang, autant vous dire que c'était long. On m'a carrément remis la fiole contenant mon sang (j'ai jamais vu ça) et l'on ma dit de la déposer au laboratoire de la clinique. Je l'ai fait, j'ai récupéré un papier disant que mes poumons étaient normaux, puis un autre disant que mon sang également. Après quoi je devais voir un médecin, je suis donc retournée à l'accueil.

Ce que je n'ai pas précisé, c'est qu'à l'accueil, il n'y à pas de file d'attente, tout le monde apostrophe les infirmières quand ils en ont envie, c'est le bordel, et il faut attendre trèèèèèès longtemps. Enfin, on m'a dit d'aller à Unics, près de la fac. J'y suis donc allée le lendemain, pour découvrir que c'est un complexe sportif. Après avoir vainement cherché pendant 30 min, un vigile a enfin pu nous aider, Antoine et moi. Nous avons donc trouvé une infirmière qui nous a dit qu'il fallait aller à la polyclinique, qu'elle a même appelé pour le prouver. Et hop, du temps perdu pour rien.

De retour à la polyclinique, après l'épreuve de l'accueil, on me dit d'aller au 3e étage, où l'on me dit d'aller à Unics. Bon, là, d'accord, j'ai un peu perdu patience et j'ai pas du être très agréable, bégayant un russe en colère. Mais la nana a fini par me dire de descendre d'un étage, où l'on ma dit de payer d'abord (après 1h d'attente hein), et quand j'ai enfin eu payé, et que le médecin très désagréable m'ait faite entrer, elle a juste pris un petit bout de papier et a signé. Tout ça pour ça...

Je signale qu'elle a aussi dit à Antoine "Tu parles mieux russe qu'elle ? Ah c'est quand même mieux !". ************.

La Fac

Je ne sais pas combien de documents j'ai signé, et le pire, c'est que je ne sais même pas ce qu'ils concernaient. Mais bon, je pense pas avoir signé pour un goulag, c'est déjà ça (parce qu'on m’emmènerait d'office je crois).

Je n'ai toujours pas ma carte étudiante russe, ce qui est assez embêtant vu qu'on arrête pas de me la demander, mais je n'ai pas perdu espoir ><

En ce qui concerne le prolongement de mon visa, Valentina Nikolaevna est carrément venur avec nous régler la question, ce qui fait que tout le monde s'est empressé de nous aider, ce que je trouve à la fois génial et étrange.

Rapport au bout de deux mois au front

Les difficultés

J'ai beau passer un moment formidable en Russie, tout n'est pas rose, bien que je ne regrette absolument pas d'être partie !

La distance

Evidemment, ce qui me manque le plus, ce sont les gens que j'aime. J'ai du mal à ne parler qu'à travers Skype : je suis une personne très câline, très tactile, et cette image sur cet écran froid ne suffit pas à m'aider à me sentir aimer, confortée. J'ai besoin de serrer les gens dans mes bras, pas seulement de leur parler... Et je n'ai pas encore ce niveau de contact avec mes amies, et ça n'est pas pareil qu'avec ma famille, mon chéri ou mes amis de toujours. Ça c'est dur.

La nourriture me manque aussi, c'est fou ce que j'ai envie de fromage français, de raclette, même d'une bonne bolognese ! Moi qui adore manger, c'est un peu dur de me mettre au rythme étudiant patates/pâtes/riz.

Les cours

J'ai un mal fou avec les cours dans le sens où je m'investis beaucoup pour peu recevoir.

Déjà, tout est à l'oral : la plupart des examens, tous les travaux maison. Bon, vu que mon niveau de russe s'améliore doucement, j'arrive déjà à plus répondre à l'oral qu'avant.

Ensuite, j'ai l'impression d'être au lycée : les élèves font tout pour annuler les cours, les professeurs aussi d'ailleurs, nous sommes sommés de noter les cours lors des CM, parfois même on doit MONTRER que nous avons noté toute la déclaration du prof, ils faut qu'on se justifie tout le temps (merde quoi je suis à la fac si je suis absente je suis absente), les matières sont soit inintéressantes parce que de niveau trop bas soit incroyablement compliquées, les élèves copient-collent simplement Wikipédia lorsqu'on leur demande quelque chose, ils se partagent les devoirs pour n'en faire qu'une partie chacun (une fois d'accord mais systématiquement, c'est pas comme ça qu'on apprend)

Et les professeurs font preuve d'un INCROYABLE manque de respect envers les étudiants en ce qui concerne les devoirs : je peux recevoir une question de linguistique ultra complexe le dimanche soir pour le lundi après-midi, une traduction de 25 phrases anglais vers russe du jeudi soir 20h pour le vendredi après-midi...C'est juste inimaginable. De plus, ils ne respectent jamais leurs emplois du temps, on nous demande souvent de faire quelque chose pour ne même pas l'utiliser en cours (merci pour les 5h passées dessus jusqu'à 2h du mat'), ou alors le jour du contrôle ils n'ont souvent carrément rien sur eux et annulent le tout... Et moi qui pensait que les profs de la Sorbonne n'étaient pas sérieux !

Très souvent, je travaille jusque très tard, je me démène pour que mon travail soit parfait, souvent pour qu'on me dise que c'était pas le devoir demandé, que je me suis trompée d'exercice, ou pire, on ne nous interrogera jamais dessus. Les devoirs ne sont pas clairs, alors je redemande souvent aux filles, qui souvent me disent que je n'ai pas besoin de le faire vu que je suis française, et après les professeurs me demandent bien sûr des comptes. Ou alors, j'en fait trop et on utilise qu'une partie de mon travail

Je n'ai pas encore, au bout de deux mois, trouvé comment faire pour gérer mes devoirs de manière à en être satisfaite et qu'ils correspondent à ce qui était demandé.

Les améliorations

Malgré tout, je vois bien que je fais des progrès !

Par exemple, je suis capable de tout expliquer en russe, parsemé quelques fois d'anglais ou de français en fonction de l'interlocuteur, mais je peux parler politique, économie, et autres, même si il faut être patient, hein.

Je change les mots, mes phrases sont simples, mais au moins je m'exprime. Sur la vie de tous les jours, je m'en sors plutôt bien, et surtout j'apprends beaucoup pendant les cours, qui, puisqu'ils ne correspondent pas à mon cursus, ont au moins le mérite de tous être un looooooooooong cours de russe. Que ce soit à partir du français ou de l'anglais, j'apprends toujours des mots supplémentaires qui viennent s'ajouter à mon vocabulaire, c'est tout de même plus pratique quand je veux développer une idée.

Nouvelle coloc

Sonia

Fin octobre est arrivée Sonia, une Polonaise, valise en main, à 20h, pour me dire qu'elle allait vivre avec moi. Je ne m'y attendais pas, personne ne m'avait prévenu, et après plus d'un mois à vivre toute seule je m'y étais habituée et j'aimais bien.

Elle étudie à la Faculté de Droit et en même temps à celle de Philologie (d'ailleurs elle a aujourd'hui décidé d'apprendre le français, tiens). C'est une personne discrète, qui ne prend pas beaucoup de place (moins que moi en tout cas). Le lendemain de son arrivée j'ai totalement repensé la chambre pour qu'elle ait accès au bureau, et je lui ai tout expliqué sur la vie ici. Nous nous entendons très bien, malgré ses nombreux problèmes avec son chéri, pour lesquels j'ai l'impression de n'être aucune aide...

Nous parlons en russe, bien qu'elle sache parler anglais : du coup, j'ai aussi un entrainement maison, un peu plus strict, et je ne peux que rarement ne parler que français, juste sur le chemin de la fac avec Antoine. Tant mieux, même si mon cerveau frise l'overdose quelques fois !

Nous partageons nos ustensiles de cuisine, ce qui fait que je n'ai plus seulement une poêle mais aussi une casserole, ce qui est quand même vachement plus pratique pour cuire des pâtes ou du riz, ou encore de la grishka.

Pas de souci de salle de bain jusque là, elle préférant se laver le soir et moi le matin, ce qui me ravit, je déteste me disputer pour ça.

Et nous sommes allées ensemble à Moscou, mais ce sera pour un autre billet :p

La vie au Village

ALORS. Sonia et mois partageons une chambre une bonne vingtaine de mètres carrés, avec salle de bain. Je vous ai déjà dit que ça faisait très Boucle d'Or, ce que je n'ai pas précisé c'est que c'est la version Chinoise du conte. Eh oui, on partage la cuisine commune avec des Chinois. La plupart sont très sympa, on discute en russe quand on le peut. Et il y à aussi un gros con qui aime mettre la musique à fond le matin, emmerder tout le monde en ne fermant jamais la porte de la cuisine pour que ça sente bien dans toutes les chambres (et bordel ça PUE), qui est désagréable avec tout le monde... Notamment avec Antoine, avec qui il a habité quelques semaines avant que ce dernier demande à Valentina Nikolaevna de le changer de chambre, il est maintenant au 3e avec un Italien très sympa.

Partager une cuisine avec des chinois, c'est avoir des affaires propres ou sales partout, avoir un sol dé-gueu-lasse, un frigo plein à craquer (pour le coup c'est aussi la faute de l'administrateur, on a un frigo minuscule alors qu'on est au moins une dizaine dessus) sans place pour y mettre mes pauvres yaourts, du bruit à n'importe quelle heure... Autant ils sont sympa, autant le choc des culture est vraiment rude.

Et franchement, manquer de Micro-ondes, c'est dur. J'ai du inventer un système pour réchauffer mes plats : poêle pleine d'eau + assiette avec la nourriture dessus + couvercle sur le tout. Un bain-marie amélioré quoi.

Au Village, il faut laisser sa clef lorsque l'on sort, ce qui est assez pratique quand on est deux vu qu'il n'y à qu'une seule clef. Pour cela il y à toujours une personne au pied de l'immeuble. Alternent dans le bureau 3 personnes, deux baboushka très gentilles qui m'ont adoptée (elles sortent ma clef directement en me voyant alors qu'on est ptet 100 dans ce bâtiment, elles me demandent des nouvelles, discutent, m'aide) et un grognon toujours désagréable.

Pour faire ma lessive, je dois acheter un ticket à la caisse pour 2€, l'apporter à la responsable de la laverie, une jeune femme énergique qui m'aime bien. Elle vient alors à mon étage ouvrir la laverie, je mets mes affaires et ma lessive, et on revient ensuite le récupérer. Ça a l'air simple, sauf qu'on ne peut le faire que les lundis et vendredis, ça demande donc de l'organisation tout ce bordel.

D'ailleurs, en parlant de caisse, je paie 40€ l'année ma chambre, si ça c'est pas cool :D Ce qui est moins cool c'est que je suis censée, un samedi matin de temps en temps, nettoyer le Village, c'est à dire les rues et les points d'herbes. J'ai jamais été aussi contente d'avoir cours le samedi matin.

Mon point de vue sur la France

Maintenant que je suis à l'étranger, j'ai une autre vue de ce qui se passe en France. Non pas à travers les médias russes, je n'ai pas la télé et je n'ai pas de journaux. Je lis le Monde sur mon téléphone comme je le faisais en France, je lis les articles partagés sur Facebook. Mais purée, ce que c'est chiant et inintéressant. En France je regardais BFM tous les matins, je baignais dans tout ça. Ici, je me rend compte qu'on est juste ridicules !

Nos médias ne véhiculent au choix que les mêmes âneries sur un sujet pas si problématique, ils se fixent sur des sujets de sociétés qui n'apportent rien, ils attisent la haine et le mécontentement des Français... C'est complètement dingue.

Mais le plus dingue, c'est que toute la France suit derrière, et que les médias nous manipulent facilement. Il suffit de voir l'affaire Léonarda, que j'ai suivie avec effarement. Non mais vous vous rendez compte de l'image de la France qu'on donne à l'étranger ? Celle d'une nation complètement illogique, qui prend des décisions contraires à son éthique, pour revenir dessus d'une manière toute aussi contraire à son éthique, avec un Président (quel qu'il soit en général) qui justifie toutes ses actions parce qu'il a peur que sa côte de popularité descende dans les putains de sondages qu'on adore ?

On a une vue de la Russie comme conservatrice, et sur certains points oui, mais très franchement si ils savaient comment la France fonctionne vraiment, je ne suis pas sûre qu'ils nous aduleraient autant.

Conclusion, at last !

Je pense que ce voyage va me changer, profondément.

Déjà, j'espère être moins aveugle sur le fonctionnement erratique de notre anciennement si belle nation, et peut-être m'intéresser un peu plus à que faire pour avoir moins l'impression d'assister à un spectacle de marionnettes style Guignols de l'Infos dans la réalité.

Je vais aussi revenir en ayant vécu différemment, j'ai appris à encore plus m'occuper de mon environnement vu qu'ici je partage avec des gens que je ne connais pas.

J'aurais beaucoup appris sur les cultures, sur les modes de pensées des gens qui m'entourent, qu'ils soient Russes mais encore Polonais, Iraniens, et même Chinois.

Je veux ramener toute cette belle expérience avec moi, qu'elle me change en une meilleure personne, peut-être plus ouverte et tolérante qu'avant, et espérons un peu plus sage.

Sur ce, et si je ne vous revois pas d'ici là, Joyeux Noël, Joyeuses Pâques et Bonnes Vacances :)